Du napalm sur les dystopies
lectures, écritures, avis, combats perdus d'avance et instantanés périmés, morts-nés et autres occlusions de conscience en attendant la suite.
jeudi 17 septembre 2026
Journapalm 2584
mercredi 16 septembre 2026
Journapalm 2583
une aube étincelante les éclats fauve et les sommets
sur un horizon aux pointes aigües
c’est un peu
comme démarrer la journée avec Garcia Márquez
et la continuer avec Bolaño.
Quand sonne le crépuscule tu restes pantelant
accoudé à un balcon dérisoire
de l’encre sur les doigts
souvenirs de papier buvard et de cahiers
tous les verbes du monde en file indienne
à la façon d’un défilé mortuaire
sur une toile de Jérôme Bosch.
mardi 15 septembre 2026
Journapalm 2582
choucas, plume, absence au-dessus d’un monorail
duquel personne ne descend.
Le visage fouetté par un vent où ne se mêle encore nulle graminée enrichie au plomb,
phosphore quelque chose : tu étends les bras.
Un haut-de-forme qui n’a pas la forme sinon celle d’un
demi-melon sauvé de la montée des eaux
il n’y a pas de faille sismique à Cavaillon.
Et Jean Giono se marre en bourrant
sa pipe d’étincelles et de rêveries, avec des gestes
tendres et périmés d’un temps que tous ont oublié.
lundi 14 septembre 2026
Journapalm 2581
Vu du ciel, son réveil prend une dimensions mystique mais lui n’en sait rien, il ne sait même pas qu’il vient de tomber du trentième étage dans un monde voisin où les oiseaux qui planent au-dessus de la ville n’ont pas de microprocesseur greffé dans l’oesophage.
dimanche 13 septembre 2026
Journapalm 2580
Elle lève la tête, cligne des yeux malgré ses lunettes de soleil : la luminosité des cumulus est tellement forte qu’elle détourne le regard. Elle se souvient qu’autrefois, elle aurait aimé apprendre à lire le ciel et à déchiffrer le lointain qui pulse dans la nuit.
samedi 12 septembre 2026
Journapalm 2579
Novembre m’a saisi avec ses yeux couleur caramel, conversation bâclée par la danse des feuilles mortes, les platanes témoins séculaires qui se mourraient le long du canal. Nous avions déjà trop parlé et sans respecter l’horaire du parloir, le gris du métal tatoué sous les paupières, sous les crânes.
vendredi 11 septembre 2026
Journapalm 2578
Un homme à l’accent slave a sauté du tronc le plus près de la voiture, juste au moment où les soldats pointaient leurs fusils à napalm. Alors il a couru comme un enfant jusqu’aux portes d’une ville morte où il a réveillé tous les chiens assoupis.
jeudi 10 septembre 2026
Journapalm 2577
Son GPS est en panne, il ne trouvera jamais la route. L’Arche partira sans eux et dans le monde qui survivra à celui-ci, plus de papillon, faisan, lynx, musaraigne, narval ou fourmilier. Mais toujours des chauffeurs de taxi narcoleptiques à 22h00 et après.
mercredi 9 septembre 2026
Journapalm 2576
mardi 8 septembre 2026
Journapalm 2575
Sentant que les choses tourneraient mal, tu as regagné ta chambre car tu voulais lire Au-dessus du Volcan. Le lendemain matin, tu ne trouvas que des morts au réfectoire, tous allongés comme des bâtons de pastel morts. Mais au moins tu pouvais lire Malcolm Lowry.
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