lundi 15 juin 2020

Journapalm 310

Elle ne pouvait se résigner à la banalité d’un parterre de couleur jaune sur la tombe de son époux. Les pissenlits se mangeaient certes par la racine mais pour un homme qui fut décoré de guerre et par le président, la réalité botanique manquait singulièrement de noblesse. Aussi chaque automne elle se pressait sur la tombe du grand homme et, le dos courbé, les mains veineuses et sèches, elle plantait des bulbes sur toute la sépulture. Alors, au printemps suivant, des dizaines de tulipes multicolores fleurissaient et le temps de quelques semaines, le glorieux défunt retrouvait des couleurs.

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