jeudi 17 septembre 2026

Journapalm 2584

Leurs pas sont lents et lourds. Lorsqu’ils traversent la voie ferrée désaffectée, leurs semelles résonnent dans le métal puis après avoir dépassé le ballast, leurs pas crissent dans le gravier. Les gens d’ici les regardent sans bouger, figés dans une rigidité polaire. Des adjectifs plein la tête, formés sur une base éléphantesque, mais ils se gardent bien d’ouvrir la bouche. Même pas faire comme s’ils y pensaient, ils doivent devenir portes, murs, cloisons, haies, jardins d’agrément témoins approximatifs et muets d’une tragédie que l’on tait. Et se consoler en pensant à l’ivoire.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire