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mardi 21 mars 2017

Lecture : Larry McMurtry - Texasville

Larry McMurtry est l'auteur du très bon "La dernière séance" qui, comme son titre ne l'indique pas, n'a rien à voir avec l'émission présentée par Eddy Mitchell dans les années 80 et qui a rythmé les soirées du mardi de mon enfance. 
Tout naturellement après avoir apprécié cette première incursion chez l'auteur j'ai eu envie d'y revenir et "Texasville" toujours publié chez Gallmeister, en fut l'occasion.
Ce n'est qu'après avoir commencé la lecture que j'ai réalisé que ce titre
utilisait un personnage récurrent de l'auteur, le dénommé Duane Moore, qui revient dans plusieurs des bouquins de McMurtry. Ici, de quoi est-il question ? Je vais faire le fainéant et copier/coller une description trouvée sur le net et qui résume très bien le propos : "Duane couche avec Suzie qui couche avec Dickie qui se marie avec Billie Anne qui s'enfuit avec Junior qui est amoureux de Nelly qui est fiancée à Joe. Janine méprise Bobby Lee qui ne peut pas piffer Eddie qui a une peur bleue de Karla qui déménage chez Jacy qui pique le chien de Duane."
D'après un critique du magazine "Le point", il s'agit de "Cinq cent cinquante-cinq pages de lubie, de délire et d'éclats de rire, un vrai voyage en folie pure, pour une comédie humaine inoubliable." D'après "Télérama" (on ne rit pas), c'est "Un roman loufoque et hilarant sur l'Amérique, les cours du pétrole et la crise de la cinquantaine"
Ouais. Le coup des puits de pétrole et des époux désabusés, de leurs épouses frustrées, c'est vrai que c'est bien troussé. Mais pour le reste... que de longueurs, que de situations qui n'avancent pas, que de personnages stéréotypés... ça m'a semblé un peu vain et très creux ou bien le contraire, très vain et un peu creux, allez savoir... Alors tout ça c'est bien beau mais ça m'a pas vraiment emballé et 555 pages pour raconter ça, c'est environ 400 de trop. Sur le coup, je crois pas que je vais poursuivre l'aventure Duane Moore. En revanche, le sens du dialogue de Larry McMurtry et ses paysages de l'ouest éternel font toujours mouche, aussi je tenterai dans quelques temps un autre de ses romans hors cycle Duane Moore.  

Extrait : "Duane avait encore moins confiance dans l'herbe des Bermudes que ces malheureuses graminées n'en avaient en leur propre pouvoir, mais il n'en signa pas moins le chèque, tout comme il l'avait fait pour la niche qu'il était en train de réduire en petit bois. A grand renfort d'achats inutiles, il avait presque réussi pendant un temps à se convaincre qu'il était toujours riche, mais ce stratagème ne marchait plus. 

Shorty, un berger noir du Queensland, sursautait à chaque détonation. Contrairement à Duane, il ne portait pas de casque sur les oreilles, mais il aimait tant son maître qu'il ne le quittait pas d'une semelle, même au risque de devenir sourd."

Larry McMurtry - Texasville, Gallmeister- 554 pages, 12.6 €

vendredi 18 novembre 2016

Lecture : Larry McMurtry - La dernière séance

La dernière séance... Dans notre inconscient, et pour quelques années encore - le temps que les jeunes générations aux crocs acérés nous aient gentiment poussés dehors - ce titre évoque l'émission diffusée le mardi soir après le journal dans les années 1980. Mais c'est bien du roman éponyme mais baptisé "The Last Picture Show" en VO qu'il s'agit.
Notamment romancier et scénariste, mais ayant aussi commis quelques essais, Larry McMurtry est un auteur né en 1936 au Texas et prolifique (plus de 30 romans et une quinzaine d'essais). Il est connu du très grand public pour avoir cosigné avec Diana Ossana le scénario du film "Le secret de Brokeback Mountain". 

Son roman "La dernière séance" traduit par Simone Hilling est publié chez l'excellent éditeur Gallmeister dont je vantais récemment la pertinence du catalogue. 
L'histoire : Nous sommes au tout début des années 50 (1951 exactement) dans un petit patelin du Texas où tout le monde se connait et où la jeunesse s'ennuie ferme en imaginant à quoi ressemblera sa vie d'adulte. Les forages de pétrole qui appartiennent à certains, soudain riches, permettent à d'autres de gagner de quoi mettre de l'essence dans la voiture pour sortir la copine et l'emmener au cinéma le samedi soir. Dans ce paysage peu spectaculaire où démarre leurs vies, ces gamins se posent des questions. Vont-ils quitter le pays ou vont-ils devoir rester ici et rejoindre la cohorte de leurs parents, ces êtres qu'ils voient grisâtres et coincés entre rêves évanouis et quotidien misérable ?

Quel bouquin franchement réussi ! Je suis entré dans ce roman sans prendre de gants, accompagné par l'écriture classique et efficace de McMurtry bien secondée par une traduction qui évite les écueils de termes trop modernes pour décrire une campagne texane de 1951. Ce qui arrive parfois et qui dote certains livres de comportement étranges, comme s'exprimant d'une voix pâteuse. Ce n'est pas le cas ici, le ton est plaisant et l'évocation de cette jeunesse en questionnement jamais avare d'images simples mais efficaces. On sent que l'auteur ne cherche pas à en faire des tonnes, il raconte une histoire simple, sans chichi, sans longueur vraiment pénible (320 pages). Les personnages sont très réussis et pour tous ceux qui se souviennent encore d'avoir eu dix-sept ans, ils nous parlent. Et c'est bien la plus grande réussite de ce roman : il se passe au Texas en 1951 mais il pourrait très bien se dérouler n'importe où dans le monde à n'importe quelle période. La fin de l'enfance et la sortie de l'adolescence sont des moments universels de grands bouleversements que Larry McMurtry sait raconter avec efficacité et sans chercher à en faire trop. C'est tout à son honneur. Un grand bouquin que je relirai certainement. 

Extrait (source = site officiel de l'éditeur):