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mercredi 3 avril 2019

Lecture : Stephen King - Simetierre

Ce roman publié en 1983 aux USA sous le titre Pet Sematary et paru en France deux ans plus tard sous le titre "Simetierre" fait partie des quelques titres qui reviennent le plus souvent lorsqu'on demande aux (nombreux) amateurs de donner leurs cinq bouquins favoris du maître de la littérature d'horreur. 
Autant le concéder sans attendre, je ne suis pas un amateur de Stephen King, ni même de la littérature d'horreur. Je pense qu'il me faudrait plusieurs vies pour lire autant de bouquins de ce genre que ce que j'ai pu lire de littérature de Science Fiction entre la fin du collège et l'obtention du baccalauréat (et que depuis, je n'arrive plus à lire, mais ceci est un autre débat).
Je ne classe pas Stephen King dans mon panthéon des écrivains donc, mais je ne crache pas, à l'occasion, sur un bouquin "qui fait peur" et quitte à faire, autant voir le patron direct. Car après tout, si un martien débarquait sur Terre et me demandait à écouter du rock, je lui filerai direct l'album "Highway to Hell" d'AC/DC. Pourquoi s'emmerder avec des seconds couteaux ?

Simetierre, c'est l'histoire d'un cimetière indien dans une petite ville où on raconte qu'il se passe des choses bizarres d'animaux revenus d'entre les morts. Bref, c'est du classique, c'est du Stephen King avec tous les ingrédients habituels : la campagne américaine, ni très étrangère ni très familière, les voisins dont on ne sait pas s'ils sont dignes de confiance ou des pervers psychopathes, les familles dont on sait qu'elles vont être frappées par le malheur, les personnages auxquels on s'attache avant que ça bascule... Les recettes habituelles mais qui fonctionnent toujours. Lire pour la première fois un bouquin de Stephen King, c'est justement un peu comme écouter un album d'AC/DC pour la première fois : on sait toujours à peu près ce qu'on va trouver et on en a toujours pour son argent. Malgré les petits écueils qui vont avec : le trait forcé, les longueurs et les redites lourdingues, les ficelles un peu grosses. Mais au final, on est absorbé par la lecture, on tourne les pages et on passe un bon moment. Parce que King sait comment capter l'attention du lecteur, et même s'il la relâche parfois, il parvient toujours à la récupérer. Et ça, quoi qu'on en dise, c'est savoir raconter une histoire.


Extrait
- Je peux vous poser encore une dernière question ? demanda Louis
- Allez-y, dit Jud.
- Est-ce qu'on a jamais enterré un être humain là-haut ?
Jud sursauta avec tant de violence que son coude heurta le bord de la table et que les bouteilles de bière vides s'écroulèrent comme une rangée de quilles. Deux d'entre elles roulèrent au sol, et l'une des deux se brisa.
- Miséricorde ! s'écria-t-il. Qu'allez-vous chercher là, Louis ? Non ! Qui c'est qui s'en irait faire une horreur pareille ! Comment pouvez-vous seulement me poser la question ?
- Simple curiosité, dit Louis, mal à l'aise.
- Eh bien, il a des choses au sujet desquelles la curiosité est toujours malvenue, répliqua Jud.
Pour la première fois depuis qu'il le connaissait, Louis Creed lui trouva l'air vieux et décrépit, lui trouva l'air d'un homme qui sait que le bord de la tombe n'est plus qu'à quelques pas.
Un peu plus tard, chez lui, il réalisa que dans cet instant-là l'expression égarée de Jud avait trahi plus que ça.
Il avait eu l'air, aussi, d'un homme qui sait qu'il est en train de mentir.



mardi 8 novembre 2016

Lecture : Stephen King - Desolation

Stephen King, comme la majorité des écrivains de ce calibre, cristallise toutes les passions et leurs contraires chez leurs fans et leurs détracteurs. Dans un concert de louanges dont la vitalité n'a d'égal que la furie des opposants, difficile de se faire son idée... sauf à le lire. Et cela tombe bien puisque c'est bien ce qu'on attend d'un livre à priori. 
Adolescent, je n'ai pas lu King. En dehors de Lovecraft, la littérature d'horreur et assimilée ne m'a jamais vraiment attiré. J'ai attendu d'avoir 41 ans pour lire mon premier bouquin du mythique auteur du Maine et c'était l'hiver dernier avec "Mr Mercedes", un de ses rares polars ! Un peu moins d'un an plus tard, j'ai profité d'une visite impromptue chez un bouquiniste régional pour tenter le coup d'une deuxième lecture avec "Désolation".

Le début de l'histoire est cinématographique au possible : une route nationale perdue dans un coin du désert américain. Des gens comme vous et moi qui roulent avec leurs soucis et leurs promesses de petits bonheurs... jusqu'à ce que surgisse l'élément perturbateur, ce qu'on appelle l'écueil qui fait basculer l'histoire : un panneau avec un chien crevé dessus. Et puis rapidement une voiture de flic qui les prend en chasse avec au volant un grand méchant flic. 
La suite c'est une série de personnages qui se retrouvent tous captés dans les rets du filet de cette créature changeante et surnaturelle qui se cache sous les traits de ce flic. Avec ce qu'il faut de gore, d'araignées venimeuses, de serpents à sonnettes, de rats affamés, et de passages sanguinolents. Stephen King en fait des tonnes. La première moitié du bouquin se lit bien. Il faut avouer que l'auteur possède un véritable sens de la narration et sait y faire pour capter l'attention de son lecteur. Il suffit d'un seul paragraphe et nous voilà happés par l'intrigue avec une force terrible. Difficile, voire impossible de relâcher le bouquin une fois démarré. 

Le problème c'est après : 823 pages en format de poche ! Soyons sérieux deux minutes, ce n'est pas raisonnable Stephen, tu ne peux pas pondre des bouquins de plus de 800 pages pour raconter l'histoire d'une créature démoniaque déguisée en flic aux prises avec des américains moyens emmenés par un gamin croyant qui fait sa prière! Oui alors il ne faut pas être réfractaire aux bondieuseries non plus pour aller au bout de ce roman, car passés les 350 premières pages, on bascule vraiment dans un trip mystique qui, combiné aux longueurs terribles du récit, m'a fait carrément sortir du livre après avoir passé le cap des 500 pages. C'était trop. Trop de redites, trop de passages inutiles, trop de scènes similaires, trop de tout ! King a écrit ce bouquin en 1996, il y a pile 20 ans. Il semblerait qu'au début de sa carrière, certains bouquins étaient plus courts et plus efficaces. Peut-être retenterai-je ma chance en piochant dans l'un de ceux-là. Mais pas tout de suite, un bouquin d'horreur par an, c'est déjà beaucoup pour moi. 

mercredi 2 novembre 2016

Tesson à Toussaint et Michigan en Languedoc

Une poignée de jours dans mon Languedoc natal arrachés à l'absurdité du quotidien et me voilà de retour. 
Pour cette Toussaint, j'ai peu écrit mais beaucoup lu. On ne peut pas tout avoir. 
Au menu : le dernier bouquin de Sylvain Tesson, "Sur les chemins noirs" et le déjà ancien "Nord-Michigan" de Jim Harrison. Nom de dieu, il est bon ce Big Jim, y'a pas à dire ! Quelques petites chroniques de lecture à venir bientôt...
Et j'ai même profité d'un Toussaint en famille dans la belle cité de Minerve pour visiter le bouquiniste des lieux et m'offrir un inattendu Stephen King dont je suis un quasi béotien, n'ayant lu qu'un seul bouquin du ponte du roman d'horreur. 200 pages déjà absorbées à vitesse grand V, soit le quart de ce bouquin fleuve de 823 pages (faut il être dingue pour pondre des pavés pareils!). Bon, c'est bourré de longueurs et le style rappelle plus la boucherie d'une kalachnikov à Sarajevo qu'un pas de danse classique du Lac des Cygnes... Mais faut avouer que dans le genre c'est plutôt efficace. Bon, c'est pas tout mais faut que j'aille écrire, le premier jet de "Manx" m'attend.