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mardi 26 mars 2019

Pas de chardon chez Calmann-Lévy

Maintenant je peux dire que moi aussi je fais partie des auteurs dont un vrai éditeur n'a pas voulu. Bon, ce n'est en rien une surprise hein, c'est même plutôt bon signe, et ça annonce une rafale de refus pour les autres envois que j'ai déjà effectués, ainsi que ceux à venir. Mais recevoir un mail de refus, ça reste chouette.


mercredi 23 août 2017

L'édition et Eric...

Lorsque l'on se plonge de façon suffisamment intensive dans une activité - je suppose qu'il en va même quelle que soit cette activité - on se rend compte de la conjonction de certains faits du quotidien. Une sorte d'alignement des planètes, ou pour le dire de manière plus prosaïque d'une concordance des petits riens de la vie qui mis bout à bout dessinent une fresque qui prend du sens. Peut-être est-ce ce que le plus belge des acteurs d'arts martiaux (ou le plus art martial des acteurs belges?) disait quand il parlait d'être AWARE. Mais je m'égare (de Bruxelles). 

Hier je parlais de la roulette de l'édition et des choix (et de leurs contraires, les non-choix et non les anchois). Ce matin en me rendant au travail, je lisais dans le métro "Endetté comme une mule", les mémoires de l'éditeur Eric Losfeld. 
Il y a beaucoup à dire sur cet excellent bouquin publié chez Tristram et à côté duquel je serais passé sans les conseils avisés de l'émission sacrée "Mauvais genre" sur France Culture (conseil confirmé par une quasi majorité absolue chez les critiques du "Masque et la Plume" sur France Inter). Bref, à propos d'édition, voilà un passage de ces mémoires dont je reparlerai : 

On suppose qu'un livre va se vendre, parce qu'on l'a publié, parce qu'on l'aime bien, et on suppose que d'autres personnes vont l'aimer, mais en réalité, la vente d'un livre reste quelque chose qui est tout à fait irrationnel. J'ai beau le savoir de longue date, j'en suis toujours étonné.

mardi 22 août 2017

Au prix de quelques timbres...

Il y a encore peu de temps de cela, je clamais ici même que ne souhaitant toujours pas participer à la surproduction des bouquins dispensables qui s'étalent dans les librairies ou qui grossissent les rangs des pilons, je n'enverrai pas mon prochain manuscrit à un éditeur. Et que je poursuivrai mon travail de tâcheron d'auto-publication grâce aux plateformes du web nouvelle génération. Oui bon alors tout ça c'est bien beau mais tout de même, il serait peut-être temps aussi d'arrêter de se chercher de faux-semblants et d'oser se confronter à l'indifférence (jugement négatif) ou à l'avis négatif (jugement positif) d'un professionnel de la vente. Car oui, ne nous y trompons pas, un éditeur moderne est là, à l'image de la société moderne, pour faire du pognon. Donc un éditeur jugera un livre sur sa capacité à le vendre : voilà pourquoi les mémoires d'une starlette de la télé réalité qui s'est fait sauter dans une piscine il y a 20 ans se vendront toujours mieux qu'un recueil de poésie de Richard Brautigan au Castor Astral

Bref, j'ai donc décidé de tenter l'aventure trépidante de contacter un éditeur, un vrai, un tatoué. Ah non, on me dit que c'est autre chose ça. Bref, fin septembre ou début octobre, après l'auto-publication de "Des chardons sur la garrigue" je posterai un tirage papier de "Brûler à Black Rock" à destination de trois éditeurs : un petit lyonnais et deux gros parisiens. Et tant qu'à y être, je posterai également un tirage de "Waterloo en maillot de bain" pour un éditeur provincial que ce genre de texte pourrait intéresser. Parce que tout de même, au prix de trois ou quatre timbres et d'un bout de spirale pour tenir tout ça, pourquoi s'en priver ? Je ne m'attends pas à grand chose mais au moins on ne pourra plus me reprocher de ne pas avoir essayé. J'aurais l'occasion d'en reparler...

mercredi 2 août 2017

L'humeur du 2 août

Je ne suis pas un fan des rentrées littéraires. Opération commerciale lancée à grands cris par les responsables commerciaux des maisons d'édition, en liaison avec quelques relais prompts à l'hystérie collective... Tout ça pour nous fourguer des centaines de bouquins en quelques jours que personne n'a le temps (et souvent pas l'envie non plus) de lire ni de critiquer. Mais voilà, c'est le marronnier de saison alors on continue, mû par cette énergie folle qui étreint l'homme à poursuivre toutes ses œuvres de destruction massive dans une joie clownesque achetée à crédit. Bref.
Septembre s'annonce et avec ce mois sinistre on nous promet 581 nouveaux romans et recueils de nouvelles qui vont venir rejoindre les étals déjà encombrés des librairies. Enfin, pour les plus chanceux d'entre eux car 99% de ces bouquins passeront directement à la trappe médiatique et commerciale. La rentrée littéraire c'est surtout le moment pour les têtes de gondole habitués au hit parade des ventes de montrer les muscles et accessoirement de faire marcher le tiroir caisse des éditeurs. Bref.

A en croire les chiffres de Livres Hebdo voilà une rentrée en hausse de tout ou presque... 6% d'augmentation du volume des nouveautés françaises notamment, et 81 premiers romans (contre 66 l'an dernier). 581 nouveaux livres donc, contre 560 en 2016. Vertigineux. Dans cette logorrhée éditoriale, j'ai peine à croire que 10% de la production sera à sauver. De façon beaucoup plus modeste, mon prochain roman sera également disponible aux premières heures de Septembre. Mais parce que je suis conscient de l'encombrement des étagères des bibliothèques remplies de bouquins que personne ne lit, conscient aussi de l'embouteillage monstre sur les présentoirs des librairies, je continuerai à ne pas envoyer ce nouveau roman à un quelconque éditeur pour tenter cette aventure de l'édition. Et je poursuivrai mon petit bonhomme de libre entreprise, préférant toujours l'auto édition de fiction à l'édition traditionnel d'auto fiction (une mode bien pénible de l'édition française). 
Sur ce je retourne corriger encore une fois le manuscrit de ce nouveau roman dont j'annoncerai le titre définitif d'ici quelques jours... (Teasing or Die !)

vendredi 27 janvier 2017

Un Guérif peut en cacher un autre

Décidément, aux éditions Gallmeister, on fait les choses bien. En plus de traduire et de publier de la littérature américaine hautement recommandable, on sait s'entourer.
François Guérif, le célèbre et brillant éditeur de chez Rivages Noir pour qui il a découvert des auteurs du calibre de James Ellroy (excusez du peu), déboule chez l'éditeur à la patte de loup. 
Son rôle consistera à apporter des projets. Gageons que nous aurons sous peu un catalogue encore plus enrichi de petites pépites à lire d'urgence. Il y rejoindra notamment un autre Guérif en la personne de son fils déjà dans la place en qualité de responsable de la (très bonne) collection Totem.

Un peu plus d'informations sur le site de l'express et des éditions Gallmeister.

lundi 12 septembre 2016

Parcours de lecteur (2)

Cet article fait suite à celui du 4 septembre : Parcours de lecteur (1)

Révolution 0.5
L'année 1989 marque le véritable lancement de ma bibliophilie. J'ai notamment le souvenir d'avoir été malade  quelques jours et d'avoir du rester au lit. Rien de grave, mais l'ennui me pousse alors à jeter un regard un peu plus attentif à ce livre que mon père me propose ; "La peste" de Camus. Je me régale du style riche et de l'écriture puissante de Camus, je me sens soudain adulte et considéré en tant que tel par l'auteur en éprouvant cette délicieuse impression que Camus a écrit ce bouquin pour moi. Longtemps il restera avec "Le vieil homme et la mer" d'Hemingway l'un des deux bouquins fondateurs. 

Révolution 1.0
Je ne suis toutefois pas un intellectuel et je ne l'ai jamais été. Pas davantage en 1989 qu'aujourd'hui. Alors pendant l'été de mes 15 ans je me laisse aspirer par la découverte de ce que les amateurs d'étiquette qui sévissent en France appellent "les littératures de l'imaginaire".
Les auteurs américains de science fiction, de fantasy et de science fantasy se mettent peu à peu à inonder les rayonnages de ma bibliothèque. Affamé de découvertes, je me mets à picorer ça et là avec toute la frénésie du béotien en état de manque. La collection "J'ai Lu SF" constitue ma première source d'approvisionnement, et je récupère dans le grenier familial des éditions des années 70 ayant appartenu à mon père. Je lis le cycle du A de Van Vogt et je découvre les Robots d'Isaac Asimov, ce qui constitue une véritable révélation. J'écris des nouvelles de science fiction, je me sens "proche" de ces auteurs et avec le recul, je me rends compte que je me mets à imiter le style d'Asimov, ce qui n'est pas une très bonne idée d'un point de vue littéraire. 
Car si l'on ne peut pas reprocher à Asimov l'immensité de son imaginaire et l'approche scientifique de ses intrigues, ses personnages sont tout de même très maladroitement construits. Mais qu'importe, à cette époque, je me régale et je lis tout ce que je trouve qui porte le nom d'Asimov sur la couverture. Le cycle des robots y passe en entier et puis je découvre Fondation, nouvelle révélation et excitation maximale lorsque dans la seconde partie du cycle de Fondation, on retrouve les robots. La cohérence de l'univers d'Asimov m’apparaît en même temps que je me mets à envier ces auteurs dont le métier consiste à inventer ces mondes, à les dépeindre et à les faire se croiser dans plusieurs livres à priori indépendants. 

Toujours dans la collection "J'ai lu SF" je découvre l'immense Jack Vance et les quatre romans de son célèbre cycle de Tschaï dont les couvertures sont signées Caza et que je vais relire plusieurs fois. Poussant la porte d'autres collections pour lire du Vance par ailleurs, je me mets à arpenter le catalogue des "Pocket SF" en commençant par son autre cycle ultra célèbre de cinq romans de "La geste des princes démons".  
L'été  suivant les éditions "Pocket SF" ainsi découvertes me permettent de tomber sur l'univers de Michael Moorcock dont je vais lire presque tout en presque rien de temps. Et ce malgré la maquette discutable de leurs bouquins aux couleurs roses sur fond gris métal : le cycle d'Hawkmoon (7 tomes), le cycle d'Elric (9 tomes) que j'alterne avec la lecture de Corum (6 tomes). La richesse de la Science Fiction va occuper mes lectures pendant plusieurs années de façon exclusive.
Plusieurs auteurs vont notamment m'accompagner pendant les trois années de lycée à Béziers où matin et soir je dois m'astreindre à une bonne heure de bus, soit deux heures de lecture cinq jours par semaine en plus des lectures du soir dans le lit... Et puis d'explorations en explorations je découvre LA collection de SF dont je vais lire et collectionner le plus de livres : "Présence du Futur" de Denoël qui existe depuis 1954 et qui propose des centaines de titres. 
Grâce à elle je découvre les bouquins de Philip K.Dick, Roger Zelazny, Fredric Brown, Ray Bradbury, Richard Matheson, Lovecraft, Stefan Wul... Des sommités du genre. Et puis je tente la SF du bloc de l'Est (Stanislas Lem, Arcadi et Boris Strougatski), des auteurs moins connus... Je me régale d'alterner les collections et les thèmes, les nouveautés (le cyberpunk) avec les grands classiques (Silverberg, Poul Anderson, Arthur C.Clarke...) sans oublier de revenir fréquemment à mes auteurs favoris (Vance, Asimov, Clifford D.Simak...)
Après avoir lu et accumulé des centaines de romans de SF, les années 90 sont déjà bien entamées, j'ai presque 20 ans et à cet âge, forcément, on s'intéresse un peu plus aux filles et un peu moins aux bouquins... Sans compter qu'après plusieurs années de régime SF, j'ai l'impression d'avoir tout lu et je me suis lassé. Je ne sais pas encore qu'il me faudra un long moment avant ma prochaine révolution de lecteur...  

(à suivre)

dimanche 4 septembre 2016

Parcours de lecteur (1)

Cet article est le premier d'une série consacré à mon parcours de lecteur et plus généralement à l'importance des collections dans le catalogue d'un éditeur. 

Collection, catalogue, lecture ? 
Il me semble évident qu'un catalogue de collections puisse être un élément déterminant dans le parcours d'un lecteur. Il suffit de deux livres que l'on a beaucoup aimés dans une collection pour s'intéresser à celle-ci et ainsi se donner la chance de découvrir de nouvelles choses en partant à la découverte, sous couvert d'une certaine zone de confort (ou de confiance...) Si l'on a aimé plusieurs livres d'une même collection, il y a des chances que ça fonctionne pour de nouveaux bouquins...
Les années 1980
Dans les années 1980 j'ai 6 à 15 ans. Il s'agit d'une décennie déterminante dans un parcours de lecteur. Celle qui suit tout de suite l'apprentissage de le lecture et la découverte initiale. On se retrouve face à un univers de livre absolument dingue, d'une diversité ahurissante, plein de fureur, de lumières, de tons, de voix, de nuances. Les Folio Junior garnissent mes premières étagères, avec une préférence pour 2 d'entre eux, Le Roman de Renart et Les Indes Noires.
Nous ne savons pas encore que nous louperons la majorité des livres qui existent (à moins de consacrer sa vie à la lecture?) mais heureusement nous ne connaissons même pas les dimensions faramineuses de ce monde merveilleux de l'imaginaire. 
Les élèves chanceux auront des parents et des instituteurs, professeurs pour les guider ou les conseiller, les moins chanceux juste des instituteurs et des professeurs et les moins chanceux encore... personne. Injustice sociale déjà à l’œuvre : ce n'est pas parce que l'on a six ans que l'on ne doit pas être tout de suite victime de l'injustice qui nous grignotera le fond des culottes toute la vie... Au contraire même diront les planqués bénis nés sous une bonne étoile, il faut bien qu'il y ait des disparités pour que leurs chérubins aux lèvres d'argent se fassent remarquer. Je m'égare... 

Les guides à suivre (ou pas!)
Avant de faire ses premiers choix, il faut se résoudre à abandonner les premières années de cette décennie fondatrice aux desiderata de lecture des parents. Ceux qui espèrent parfois que leur gamin aura lu tous les classiques avant ses vingt ans. Je n'ai pas dérogé à la règle... Sur les conseils des parents et les lectures imposées de l'école (ah la belle façon de dégoûter à jamais des enfants de la lecture en s'y prenant comme des manches!) j'ai essayé pas mal de choses, ressortant de cette décennie avec quelques certitudes que seule l'innocence de cet âge peuvent procurer; mais qui, si elles se sont nuancées, restent plutôt vraies encore aujourd'hui :
Emile Zola m'emmerde...
Steinbeck, le 1er américain
- dans l'ensemble les classiques français m'emmerdent royalement. Les Balzac, Zola, Stendhal et compagnie me tombent des mains. Jules Verne et Victor Hugo tirent leur épingle du jeu. Je suis plus réceptif aux modernes (je découvre Camus notamment) ou bien aux poètes (Villon et Apollinaire) 
- les anglo-saxons ont mes faveurs, notamment Ernest Hemingway, John Steinbeck et Jack London. 

Les premiers élans de bibliophilie
Steve Jacskon et Ian Livingstone sont peut être les initiateurs de mon amour des livres. Ils n'ont pourtant pas écrit de chef d’œuvre, on ne peut même pas les considérer comme des écrivains.
En 1982 ces deux britanniques ont créé la série des livres-jeux "Défis fantastiques" dont les 58 titres sortis pendant 9 ans se sont écoulés à plus de 15 millions d'exemplaires dans le monde. Le principe de ces livres destinés aux jeunes adolescents est de donner le choix au lecteur sur le scénario du livre dont il est le personnage principal. Les livres sont constitués de très courtes sections numérotées au cours desquelles les auteurs demandent à l'auteur de faire un choix pour continuer sur un numéro ou un autre selon sa décision. Il est donc possible de relire plusieurs fois le livre en changeant de décisions pour connaître des issues différentes.

Ces bouquins m'ont fasciné lorsque j'étais collégien. Il s'agissait des prémices de cette culture geek à une époque où les ordinateurs n'étaient pas répandus et où les consoles de jeux ne l'étaient pas davantage. La période dorée des jeux de rôle et des univers fantastiques. J'ai des souvenirs très précis des livres que j'ai lus dans cette série, du moment où je les ai lus, où j'étais... Des souvenirs très nets qui datent d'une trentaine d'années. Ils étaient édités par Folio Junior dans une collection colorée et unifiée que je me faisais une joie d'aligner sur mes étagères de collégien.
Après le succès de la série "Défis fantastiques", les auteurs ont étendu l'idée à d'autres univers et de nouvelles séries dans la même collection et reprenant la même maquette, toujours traduit en France chez Folio Junior: "Loup Solitaire", "Quête du Graal", "Défis et Sortilèges", "Dragon d'or"... Chaque série permettait au lecteur de se replonger dans un même univers cohérent, selon que sa préférence allait à l'aventure, au mystique, au policier, à la SF, au fantastique, au merveilleux, à l'historique... 
Dans mon souvenir, la qualité littéraire n'était pas l'objectif principal de ces bouquins mais à mon âge, je voulais de l'évasion et du fantastique. On m'en apportait avec en plus la possibilité incroyable de pouvoir être soi-même un personnage de l'histoire que j'étais en train de lire. C'est certainement ces mêmes arguments qui ont plu à beaucoup d'autres lecteurs, assurant le succès de cette gamme de livres pendant une bonne dizaine d'années. Pour ceux qui veulent en apprendre davantage ou se replonger dans un trip nostalgique et gentiment régressif, rendez-vous sur ce site.
 
La période des "Livres dont vous êtes le héros" m'a donc occupé un moment (je dirai une paire d'années) et puis je m'en suis lassé. J'ignore où sont passés ces livres, au fond d'un carton dans le grenier de mes parents ou bien égarés ou encore donnés ? 
Mais à la fin de ces années 80, je m'apprête à vivre ma première révolution de lecteur... (à suivre)

vendredi 2 septembre 2016

Un certain ADN de lecteur

Ce matin dans le train qui m'emmène sur les lieux de mon labeur quotidien (amen) j'ai aperçu face à moi un enfant, cartable sur le dos, plongé dans la lecture d'une édition de poche du Roman de Renart. J'ai reconnu cette édition : Folio Junior, que j'ai moi-même lu sous cette mouture dans les années 1980 alors âgé d'une dizaine d'années. Abandonnant un temps ma lecture en cours du Bouvard et Pécuchet de Flaubert, j'ai regardé cet enfant et je me suis souvenu ma propre lecture de ce livre majeur de la littérature jeunesse. Me rappelant le bonheur dans lequel il m'avait alors plongé. Et trouvant même une heureuse coïncidence à cette rencontre matinale puisque j'ai depuis quelques semaines le projet de retracer dans ce blog un certain itinéraire de lecteur à travers le prisme des collections qui m'ont marqué depuis trente ans.
Dans les prochaines semaines je vais donc mettre en ligne une série d'articles consacré à ce parcours de lecteur et aux collections emblématiques qui ont jalonné celui qui a été le mien jusqu'ici. J'ignore s'il s'agit d'une déformation de ma tendance à la bibliophilie galopante mais je reste convaincu que la découverte de la lecture doit beaucoup à la forme physique des livres. C'est d'ailleurs pour cela que je reste assez circonspect sur l'utilisation des tablettes, smartphones et autres appareils électroniques permettant de lire des livres dématérialisés. Franchement, un vrai bouquin invite nettement plus à la découverte. Flâner dans les rayons d'une bibliothèque, ou d'une librairie, c'est tellement rempli de promesses d'évasion... 

lundi 25 juillet 2016

Afrique éternelle

Dans la somme des articles que je souhaite écrire sur ce morceau de nappe interconnectée, je dois vous parler des éditions Zulma. Et à quel point cet éditeur produit un travail remarquable. En matière de lecture, j'appartiens à la famille des fétichistes de la maquette. Toucher un livre, caresser la couverture, admirer la tranche, lire la quatrième de couverture me procurent des émotions qui me plongent dans un bonheur sans cesse renouvelé. Ensuite, se plonger dans le livre, l'ouvrir, entendre craquer légèrement le bouquin en son milieu à la manière d'un bout de terre qui se craquelle sous la poussée tectonique, voilà qui me met en joie. Dans ces instants j'ai la sensation d'être un individu complet, total, et je pourrais presque croire en la perfection du monde. 

Nous avons la chance en France de pouvoir compter sur quelques éditeurs passionnés qui nous font découvrir des livres fantastiques, jouant ainsi leur rôle de défricheurs et de révélateurs. La lecture devrait être remboursée par l'assurance maladie. Elle remplace tous les antidépresseurs du monde, elle dépasse toutes les drogues chimiques ou végétales qui puissent se trouver.
Donc je vous parlerai plus tard de Zulma, et puis de Gallmeister aussi, et de la défunte collection Motifs du Serpent à Plumes, ainsi que d'autres éditeurs qui m'ont fait aimer lire depuis la fin de l'enfance. Parce que vraiment, écrire n'est rien, et lire reste bien tout ce qui compte. 

En attendant, en cet été 2016 rempli de chaos et de misère médiatisée, et sans que cela ait un lien quelconque avec ce qui va suivre, je nourris l'envie de découvrir de nouvelles littératures. Africaine notamment... Je ressens une attirance évidente et primitive pour ce continent et j'ai envie de le découvrir à travers ses gens de lettres. "Notre quelque part" de l'auteur ghanéen Nii Ayikwei Parkes dont j'ai entendu beaucoup de bien me semble constituer une première étape alléchante.