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lundi 1 avril 2019

L'extrait du... 1er avril

Dans le cadre du festival "Quais du polar", j'ai assisté samedi dernier, dans l' après-midi, à une conférence sur le roman noir américain avec en invités les auteurs américains Ron Rash, James Sallis et Chris Offutt. 
Ce dernier est édité en France chez Gallmeister, éditeur dont j'ai souvent parlé ici-même. 

L'extrait du jour est tiré de son recueil de nouvelles "Kentucky Straight" publié chez Gallmeister. 
Il s'agit du début de la première nouvelle du recueil et on constate l'efficacité du style, à peine deux paragraphes lus sur le site de l'éditeur et j'ai ajouté le bouquin sur ma liste de livres à lire...



mardi 22 janvier 2019

Gallmeister et le noir

Je suis en train de lire "Hot Spot", roman de Charles Williams, fraîchement republié par les éditions Gallmeister dans une nouvelle traduction. Je dois confesser mon attachement au travail de la maison d'édition fondée par Olivier Gallmeister. 
Force est de constater qu'à de rares exceptions près, j'ai rarement été déçu par les bouquins à la tranche frappée de la patte de loup. Régulièrement je fais une descente dans une librairie et je repars avec un ou plusieurs "Totem" (le nom de la collection de poche) de cet éditeur spécialisé dans la littérature américaine. Celle qui reste ma préférée, en dépit de quelques infidélités chez les classiques russes et chez quelques francs tireurs francophones.
Quelques esprits chafouins - ou tout simplement jaloux - ont pris ombrage du succès de Gallmeister qui publie régulièrement des pépites, raflant à la fois les faveurs du public et des critiques. 


Je trouve pertinent le travail éditorial de la maison fondée en 2006, entre rééditions de bouquins oubliés et publication d'inédits talentueux. Dans le sillage de porte étendards tels que David Vann ou Edward Abbey, cet éditeur trace une route qui alterne entre mythes fondateurs américains et déglingue noire aux ambiances poissardes. La mention "nature writing" qui est depuis quelques années adossée à ces bouquins ne doit pas être vue comme un pacte de lecture. Il s'agissait sûrement d'une image de marque que les éditions Gallmeister voulaient investir au lancement de la maison mais aujourd'hui il s'agit d'un éditeur installé et réputé dont les productions vont plus loin que cette seule mention publicitaire. Non, le slogan du site internet, "L'Amérique grandeur nature" correspond tout à fait à la ligne éditoriale.

Alors oui c'est vrai que les polars republiés par Gallmeister peuvent être trouvés à vil prix sur les étals des bouquinistes dans de vieilles traductions dans la Série Noire. C'est notamment le cas de ce "Hot Spot" publié en 1955 dans la maison mythique Gallimard sous le titre "Je t'attends au tournant" puis republié chez les multiples avatars Carré Noir et Poche Noir. Mais une nouvelle publication, nouvelle édition, au format poche, avec du papier blanc, moi j'aime bien. Chronique de lecture à suivre.

A lire : l'interview de Benjamin Guérif datant de 2017 mais toujours intéressante sur le site d'actualitté. 

jeudi 30 mars 2017

L'appel du 30 mars

En cette période de campagne électorale qui voit s'affronter une douzaine de tristes sires tous plus détestables les uns que les autres - la faute entre autres à un système électoral périmé et contre démocratique - il faut célébrer toute tentative ou possibilité de faire un pas de côté. Et d'oublier, pour un temps ce panier de crabes imbus et nombrilistes à la solde des financiers frappés d'amnésie générale. 
En ce 30 mars il faut souligner la possibilité donnée à une certaine population de jouir d'un peu d'évasion - à défaut de reconquérir le droit pourtant fondamental du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
L'éditeur Gallmeister a la riche idée de republier ce jour, en poche dans sa très recommandable collection Totem, le livre de Henry David Thoreau écrit en 1846 - excusez du peu - et intitulé "La désobéissance civile". Cet essai écrit par l'auteur à l'occasion d'un séjour en prison pour avoir pris position contre l'esclavagisme me semble plus que jamais d'actualité (hélas ?)  
Extrait : 

Henry David Thoreau - La désobéissance civile, Gallmeister 48 pages, 3€

vendredi 27 janvier 2017

Un Guérif peut en cacher un autre

Décidément, aux éditions Gallmeister, on fait les choses bien. En plus de traduire et de publier de la littérature américaine hautement recommandable, on sait s'entourer.
François Guérif, le célèbre et brillant éditeur de chez Rivages Noir pour qui il a découvert des auteurs du calibre de James Ellroy (excusez du peu), déboule chez l'éditeur à la patte de loup. 
Son rôle consistera à apporter des projets. Gageons que nous aurons sous peu un catalogue encore plus enrichi de petites pépites à lire d'urgence. Il y rejoindra notamment un autre Guérif en la personne de son fils déjà dans la place en qualité de responsable de la (très bonne) collection Totem.

Un peu plus d'informations sur le site de l'express et des éditions Gallmeister.

jeudi 12 janvier 2017

Sorties Gallmeister de Janvier

Il va falloir vous y faire. Les éditions Gallmeister c'est mon dada. Je tiens à préciser tout de suite que je touche rien sur les ventes, et que je n'ai aucun contact avec cette maison pour être édité. Mais bon sang, voilà un éditeur qui nous propose des romans américains avec une voix, une tonalité, un univers auquel j'accroche à chaque fois. 
Je vous dois une double chronique de deux romans de Larry Brown (non, pas le basketteur) un des écrivains le plus doués de la seconde moitié du XXème siècle mais qui est hélas disparu trop tôt (1951-2004). Faut juste que je prenne le temps de la soigner cette double chronique parce que nom de zeus, ces deux romans-là étaient vraiment excellents. 
En attendant, je signale la sortie des nouveautés Gallmeister de Janvier, en particulier dans la collection Totem qui reste ma préférée, lisant énormément dans le train pour aller bosser, ce format "poche" est excellent. Le Larry Brown est sur ma pile de lectures, je vous en dirai plus bientôt.
 
 Fay de Larry Brown.

4ème de Couverture : 
À dix-sept ans à peine, Fay fuit une vie de misère. Elle s’élance sur les routes du Mississippi pour gagner la mer et un autre avenir. Elle n’a pas mis les pieds à l’école depuis longtemps, ignore beaucoup des règles de la vie en société et ne sait pas vraiment ce que les hommes attendent des femmes. Belle, lumineuse et parfois inconsciente, elle trace sa destinée au hasard de ses rencontres, s’abandonnant aussi facilement qu’elle prend la fuite. Mais cette femme-enfant qui ne réalise qu’à demi l’emprise qu’elle exerce sur ceux qui croisent son chemin, laissa dans son sillage une traînée de cendre et de sang.
 Pike de Benjamin Whitmer. 

4ème de couverture :  
Douglas Pike n’est plus le truand d’autrefois. De retour dans sa ville natale des Appalaches proche de Cincinnati, il vit de petits boulots et tente de combattre ses démons du mieux qu’il peut. Jusqu'au jour où il apprend que sa fille, depuis longtemps perdue de vue, vient de mourir d’une overdose. Et où il découvre par la même occasion l'existence de sa petite-fille âgée de douze ans. Tandis que la gamine et lui tentent de s’apprivoiser, un flic brutal et véreux commence à manifester un intérêt malsain pour la fillette.


samedi 5 novembre 2016

Gallmeister fête ses 10 ans

La maison d'édition fondée par Oliver Gallmeister a dix ans en 2016. Pour tous ceux qui s'intéressent à la littérature américaine des grands espaces, il s'agit d'une mine d'or. En cette saison des prix littéraires, on est chez Gallmeister bien loin du nombrilisme étriqué et des préoccupations étroites de la littérature française. 
Pour fêter les dix ans de Gallmeister, j'ai décidé de commencer à rattraper mon retard abyssal en me procurant un petit échantillon de titres. Car c'est vrai, depuis des années, je lis surtout de la littérature américaine et pourtant je n'ai que deux bouquins de cet éditeur dans ma bibliothèque. Y'aurait-il quelque chose de pourri au royaume de mon petit chez moi ? Ayant lu en juillet dernier le puissant "Sukkwand Island" qui est certainement le bouquin le plus connu du catalogue, j'ai notamment choisi deux nouveaux titres de David Vann.
Pour le reste j'ai décidé de me laisser aller au hasard... et à la lecture de la première phrase de chaque bouquin. Une phrase, c'est rien mais ça compte. Si vous ne connaissez pas les éditions Gallmeister, n'attendez pas plus longtemps et lancez-vous, le catalogue déborde de pépites à découvrir.
Pour vous le prouver, petit panorama de ma pile de lecture agrémentée des quatrièmes de couvertures repris sur le site de l'éditeur :  
Tobias Wolff : "Un voleur parmi nous"
Camp militaire de Fort Bragg, en Caroline du Nord, 1967. Trois jeunes paras s’apprêtent à finir leur formation avant de partir pour le Viêtnam. Trois hommes armés de fusil qui, le jour de la fête nationale, sont chargés de monter la garde autour d’un dépôt de munitions. Lorsque des civils s’approchent, les voici mis en joue. Ils n’étaient pourtant venus que pour alerter les soldats qu’un incendie était en train de s’étendre. Le dépôt de munitions ne tardera pas à être menacé. En réponse, pourtant, s’exerce un acte absurde, le premier d’une série qui ébranlera à tout jamais le destin de ces hommes. 

Glendon Swarthout : "Le tireur"
Au tournant du XXe siècle, John Bernard Books est l'un des derniers survivants de la conquête de l'Ouest. Après des années passées à affronter les plus grandes gâchettes du Far West, il apprend qu'il est atteint d'un cancer incurable : il ne lui reste que quelques semaines à vivre. Les vautours se rassemblent pour assister au spectacle de sa mort, parmi lesquels un joueur, un voleur de bétail, un pasteur, un croque-mort, une de ses anciennes maîtresses, et même un jeune admirateur. Mais Books refuse de disparaître sans un dernier coup d'éclat et décide d'écrire lui-même l'ultime chapitre de sa propre légende.

Larry McMurtry : "La dernière séance"
En 1951, la petite ville texane de Thalia, aux confins du désert, hésite entre un puritanisme de bon ton et la quête d'un plaisir encore tabou. Du cinéma à la salle de billard, les jeunes gens du coin jouent aux amoureux éperdus et feraient tout pour être le sujet des derniers ragots. Livrés à eux-mêmes, Duane et Sonny gagnent après le lycée de quoi animer leurs samedis soir grâce à de petits jobs sur la plate-forme pétrolière. Ils s'ennuient sec et rêvent de filles belles comme le jour qu'ils enlèveraient à leurs riches parents pour les épouser dans une épopée romanesque. Reste pour cette petite bande à découvrir que la vie n'a finalement rien d'un scénario hollywoodien.

David Vann : "Impurs"
Été 1985. En plein cœur de la Vallée Centrale de Californie, Galen, vingt et un ans ans, vit seul avec sa mère. Étouffé par son amour exclusif, le jeune homme se réfugie dans la méditation. Leur existence est rythmée par les visites inopportunes de sa tante et de sa cousine trop sexy, et par celles qu’ils rendent à sa riche grand-mère dont la mémoire défaille. Mais l’accumulation de rancœurs entre les deux sœurs et l’obsession de Galen pour sa cousine ne tarderont pas à les mener au bord de l’explosion.

David Vann : "Dernier jour sur terre" 
14 février 2008. Steve Kazmierczak, 27 ans, se rend armé à son université. Entre 15 h 04 et 15 h 07, il tue cinq personnes et en blesse dix-huit avant de se donner la mort. À 13 ans, David Vann reçoit en héritage les armes de son père, qui vient de mettre fin à ses jours. Quel itinéraire a suivi le premier avant de se faire l’auteur de ce massacre ? Quel parcours le second devra-t-il emprunter pour se libérer de cet héritage ? L’écrivain retrace ici  l’histoire de Kazmierczak, paria solitaire, comme tant d’autres. Comme lui, par exemple, qui, enfant, se consolait en imaginant supprimer ses voisins au Magnum. 

mercredi 13 juillet 2016

Lecture : David Vann - Sukkwan Island

En France, on se demande souvent si les auteurs américains ont "un truc en plus". Parfois même, certains ne se le demandent plus, ils en sont convaincus et ils essayent d'analyser ce qu'est, ce truc en plus. 
A titre personnel, le fait que la plupart de mes auteurs favoris soient américains constitue une réponse sur ce que j'en pense... 
Et ce n'est pas la lecture de Sukkwan Island (de David Vann) qui va me faire changer d'opinion. 



L'histoire : Jim décide d'aller s'installer dans une cabane perdue sur une île inhabitée de l'Alaska. Et d'emmener dans ses bagages Roy, son fils de 13 ans, loin de sa soeur et de sa mère, pour une année d'exil sauvage. Forêts gigantesques, lacs immenses : le paysage est démesuré, il faut un hydravion pour y venir. Rapidement on comprend que père et fils n'entretiennent pas des relations au beau fixe, et que le père fait face à quelques soucis d'équilibre psychique. Et alors qu'il espérait donner une nouvelle orientation à sa vie en partageant quelques moments intenses avec son fils, la situation du tandem va très vite se gâter.

Un bouquin court (200 pages) et incisif, qui se compose de deux parties avec un changement de point de vue narratif au milieu qui correspond à un tournant dans le récit. C'est propre, joliment réalisé et drôlement efficace. 
Aux superbes descriptions des paysages sauvages et hostiles pour l'homme, David Vann ajoute les rapports difficiles entre un père et son fils qui apparaissent comme des bouées jetées à la mer. L'histoire est simple, ténue, on flirte parfois avec les codes du huis clos, ce qui instaure une ambiance électrique. La tension ne cesse de grimper, le lecteur sent qu'une tragédie va arriver, ou du moins, quelque chose de marquant, de définitif, qui va marquer les protagonistes. Et on ne peut plus lâcher ce livre avant d'aboutir au climax, juste avant que la seconde partie ne s'ouvre. Changement de ton, changement de focale mais la suite est toute aussi passionnante. Le lecteur est guidé mais on lui laisse la liberté de se faire sa propre opinion sur la fond de cette histoire ainsi que sur le destin de ces deux personnages marquants.

Sukkwan Island est donc un bouquin fort comme une gnôle frelatée qui vous poursuit après l'avoir refermé. Plusieurs jours encore après la lecture, ses deux personnages principaux jouent les prolongations dans votre esprit.  
L'éditeur français Gallmeister confirme ici la pertinence de son travail, autant dans la qualité de ses publications que dans celle de son site web. Ce Sukkwan Island n'est que le deuxième ouvrage de l'éditeur que je lis mais nul doute que je ne vais pas en rester là...