samedi 22 décembre 2018

Lecture : Frédéric Berthet - Daimler s'en va

« Depuis que Raph (Raphaël Daimler, dit Raph, ou Daimler, mais rarement Raphaël) était mort, j'avais pensé à lui de temps en temps - mais j'avais surtout rêvé une fois de lui : nous déjeunions ensemble dans les jardins de Babylone. »

Babylone et les détectives privés font bon ménage, Richard Brautigan nous l'a déjà montré dans le très efficace "Un privé à Babylone". Dans "Daimler s'en va", Frédéric Berthet met en scène un être étonnant, un Raphaël Daimler dont les aventures tragi-comiques virent au franchement absurde dès les premières pages. Sitôt que l'être aimée décide de le larguer, point de départ classique à une histoire qui ne l'est pas du tout. 
Dans ce court roman qui lorgne parfois du côté de l'exercice de style, Frédéric Berthet alterne le grave et le loufoque, le léger et l'absolu. La forme même de ce petit bouquin interpelle, avec sa succession de petits fragments comme éparpillés et rassemblés, parfois sans qu'un lien évident entre chacun ne se dessine.
Le destin de Daimler, on le comprend très vite, est de disparaitre. Mais avant de partir, l'anti-héros nous raconte sa vie, ses doutes, dans un style parfois décousu mais toujours personnel. Une voix. Et c'est tout ce qui compte. 

Extrait
A part ça, il règne dans ce gymnase désert, où il y a de quoi tomber d'insolation avant le prochain point d'eau, une ambiance de préau étouffant, dans une école communale désaffectée. Envahie par les dunes de sable qui progressent d'un kilomètre par an, dans une petite ville aux limites du désert, d'où tous les habitants auraient été chassés par la peste et la myxomatose, ou les odeurs de chaussettes sales. Bordel.

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