Emmanuel Carrère - Limonov (POL)
lectures, écritures, avis, combats perdus d'avance et instantanés périmés, morts-nés et autres occlusions de conscience en attendant la suite.
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dimanche 28 juin 2020
L'extrait du... 28 juin
mardi 2 avril 2019
Lecture : Emmanuel Carrère - Le Royaume
Emmanuel Carrère a choisi de ne plus publier de roman depuis 1995 et le très réussi "La classe de neige". Depuis il poursuit une oeuvre abondante et protéiforme qui démontre son aisance dans tous les genres de l'écriture. Enquêtes, articles de journaux, biographies : il est devenu un spécialiste d'une certaine littérature du vrai. Cinéphile averti, il intervient également dans le milieu du septième art, scénariste et réalisateur de plusieurs cours et longs métrages.
Avec "Le Royaume" publié chez son éditeur historique POL en 2014 (et qui reste, à ce jour son dernier récit édité), l'auteur s'interroge sur la survivance des écrits de Paul et de Luc dans notre société actuelle. Au-delà, il se sert de ces questions pour s'interroger sur sa propre période mystique, trois années durant lesquelles il lisait les évangiles et les commentait.
Ce qui est fort avec Emmanuel Carrère, c'est qu'il parvient à capter l'attention d'un lecteur à priori totalement étranger à un sujet et à l'entraîner dans son petit monde. Concernant les origines du christianisme, il s'attaque à un sacré sujet, énorme et intimidant à plus d'un titre. Pourtant il parvient à faire entrer son lecteur dans ce bouquin avec une facilité déconcertante. Le talent de Carrère relève de la sorcellerie : on a beau relire ses lignes, la façon qu'il a d'enchaîner les paragraphes, de présenter ses idées, d'organiser les voix intérieures (celle de l'auteur, celle de l'ancien pratiquant...) Tout parait tellement facile et évident : il en faut de la classe et du travail pour arriver à un résultat pareil. De quoi pas mal cogiter quand on se pique d'écrire soi-même...
Lorsqu'on referme ce bouquin, en ayant sauté pas mal de pages en ce qui me concerne, on ne peut qu'être admiratif devant le boulot accompli par l'auteur.
Le problème, c'est que je suis réfractaire à tout sujet religieux. Même quand c'est fort bien écrit et que c'est intelligent sans être chiant, comme Carrère l'est ici. La dimension culturelle - que je ne conteste nullement - de l'origine du christianisme ne suffit pas à m'intéresser. La religion reste, avec le football et l'économie, les trois sujets qui me donnent la nausée. Sachant qu'avec le sexe, il s'agit des quatre domaines qui font tourner le monde, on comprend aisément que j'appartiens à la catégorie des loosers. Et par la même occasion, à la catégorie de ceux qui n'ont pas accroché à ce livre, pourtant riche, foisonnant, intrigant, savant mais jamais didactique, bref, un bouquin qui ravira les amateurs de Carrère comme ceux qui veulent se payer un peu plus de six cents pages d'histoire et de critique personnelle sur le christianisme et la place de Luc et de Paul au XXIème siècle.
Pour les autres, comme moi, il reste les interlignes, ces paragraphes intéressants qui se dissimulent dans les interstices, lorsque Carrère élabore des pensées qui dépassent le cadre du strict christianisme et qui les replace dans la cinématique du vivant, de l'homme. Ou lorsqu'il sort du cadre purement historique du récit pour y intercaler des réflexions sur les moments où sa vie personnelle a fait écho à un passage de l'évangile. Là, oui, c'est foutrement agréable à lire.
Extraits :
"C'est ce que je veux penser, de toutes mes forces: que l'illusion, ce n'est pas la foi, comme le croit Freud, mais ce qui fait douter d'elle, comme le savent les mystiques.
Je veux penser cela, je veux le croire, mais j'ai peur de cesser de le croire. Je me demande si vouloir tellement le croire, ce n'est pas la preuve que, déjà, on n'y croit plus.
(...)
Maintenant, ce qui fait la réussite d’un film, ce n’est pas la vraisemblance du scénario mais la force des scènes et, sur ce terrain-là, Luc est sans rival : l’auberge bondée, la crèche, le nouveau-né qu’on emmaillote et couche dans une mangeoire, les bergers des collines avoisinantes qui, prévenus par un ange, viennent en procession s’attendrir sur l’enfant… Les rois mages viennent de Matthieu, le bœuf et l’âne sont des ajouts beaucoup plus tardifs, mais tout le reste, Luc l’a inventé et, au nom de la corporation des romanciers, je dis : respect."
Lorsqu'on referme ce bouquin, en ayant sauté pas mal de pages en ce qui me concerne, on ne peut qu'être admiratif devant le boulot accompli par l'auteur.
Le problème, c'est que je suis réfractaire à tout sujet religieux. Même quand c'est fort bien écrit et que c'est intelligent sans être chiant, comme Carrère l'est ici. La dimension culturelle - que je ne conteste nullement - de l'origine du christianisme ne suffit pas à m'intéresser. La religion reste, avec le football et l'économie, les trois sujets qui me donnent la nausée. Sachant qu'avec le sexe, il s'agit des quatre domaines qui font tourner le monde, on comprend aisément que j'appartiens à la catégorie des loosers. Et par la même occasion, à la catégorie de ceux qui n'ont pas accroché à ce livre, pourtant riche, foisonnant, intrigant, savant mais jamais didactique, bref, un bouquin qui ravira les amateurs de Carrère comme ceux qui veulent se payer un peu plus de six cents pages d'histoire et de critique personnelle sur le christianisme et la place de Luc et de Paul au XXIème siècle.
Pour les autres, comme moi, il reste les interlignes, ces paragraphes intéressants qui se dissimulent dans les interstices, lorsque Carrère élabore des pensées qui dépassent le cadre du strict christianisme et qui les replace dans la cinématique du vivant, de l'homme. Ou lorsqu'il sort du cadre purement historique du récit pour y intercaler des réflexions sur les moments où sa vie personnelle a fait écho à un passage de l'évangile. Là, oui, c'est foutrement agréable à lire.
Extraits :
"C'est ce que je veux penser, de toutes mes forces: que l'illusion, ce n'est pas la foi, comme le croit Freud, mais ce qui fait douter d'elle, comme le savent les mystiques.
Je veux penser cela, je veux le croire, mais j'ai peur de cesser de le croire. Je me demande si vouloir tellement le croire, ce n'est pas la preuve que, déjà, on n'y croit plus.
(...)
Maintenant, ce qui fait la réussite d’un film, ce n’est pas la vraisemblance du scénario mais la force des scènes et, sur ce terrain-là, Luc est sans rival : l’auberge bondée, la crèche, le nouveau-né qu’on emmaillote et couche dans une mangeoire, les bergers des collines avoisinantes qui, prévenus par un ange, viennent en procession s’attendrir sur l’enfant… Les rois mages viennent de Matthieu, le bœuf et l’âne sont des ajouts beaucoup plus tardifs, mais tout le reste, Luc l’a inventé et, au nom de la corporation des romanciers, je dis : respect."
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Chronique,
Emmanuel Carrère,
Lecture
mardi 26 février 2019
L'extrait du... 26 février
Un extrait d'actualité puisque je viens d'achever la lecture du pavé "Le Royaume" où Emmanuel Carrère s'interroge sur les années mystiques de sa vie passée.
"Non, je ne crois pas que Jésus soit ressuscité. Je ne crois pas qu'un homme soit revenu d'entre les morts. Seulement, qu'on puisse le croire, et de l'avoir cru moi-même, cela m'intrigue, cela me fascine, cela me trouble, cela me bouleverse - je ne sais pas quel verbe convient le mieux. J'écris ce livre pour ne pas me figurer que j'en sais plus long, ne le croyant plus, que ceux qui le croient, et que moi-même quand je le croyais. J'écris ce livre pour ne pas abonder dans mon sens."
Emmanuel Carrère, "Le Royaume" (POL)
dimanche 16 juillet 2017
Lecture : Emmanuel Carrère - Je suis vivant et vous êtes morts
Emmanuel Carrère a écrit en 1993 une biographie romancée de l'écrivain de SF Philip K.Dick. Une période de sa vie où Carrère a déjà plus ou moins consciemment entamé le virage de la fin de la fiction. La quasi totalité de sa production romancée est derrière lui, il n'écrira plus que "La classe de neige" en 1995, se consacrant ensuite à des récits, articles, essais sortant de la fiction pure.
Dans "Je suis vivant et vous êtes morts", titre très Dickien, Carrère alterne les éléments de la biographie de l'auteur de "Ubik" avec des interprétations personnelles.
Pas de révélation fracassante à attendre toutefois, ceux qui ont déjà lu d'autres biographies de Dick, notamment celle de Lawrence Sutin, n'y apprendront pas grand chose.
Quant à ceux qui ne s'intéressent pas à Dick, ce n'est pas en lisant cette biographie qu'ils vont s'y mettre.
Car passée la première moitié du bouquin, plutôt alerte et accrocheuse, Carrère nous ressert ad nauseum les obsessions psychiques et les névroses sans fin d'un auteur dont la vie tourne à vide. Sans compter que les interprétations et les commentaires de Carrère qui parsèment cette biographie m'ont rapidement lassé. Certains écrivains ont une une vie passionnante et ont produit une oeuvre terne, pour d'autres ce fut le contraire. Avec Dick, clairement on se situe dans la seconde catégorie. Dès lors, à moins d'être fan de Dick (ou de Carrère!) cette biographie ne présente pas un grand intérêt.
Emmanuel Carrère - Je suis vivant et vous êtes morts (Points),
432 pages, 7.95€
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Emmanuel Carrère,
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Philip K.Dick
mardi 14 février 2017
Lecture : Emmanuel Carrère - La classe de neige
"La classe de neige" est le roman par lequel Emmanuel Carrère s'est imposé au grand public en 1995, raflant le Prix Femina de cette année-là. Succès populaire, adapté au cinéma, il est curieux de constater que suite à ce livre-là, Carrère n'a plus jamais écrit de nouveau roman, choisissant la voie du récit comme il s'en est expliqué à de multiples reprises.
A partir d'un environnement tout à fait classique et connu, la classe de neige, Carrère construit un scénario piquant et captivant. On aimera ou non son style sans fioriture mais déjà proche du ton journalistique qui marquera ses récits suivants. On appréciera ou pas la brièveté de ce roman qui semble parfois trop bien ficelé à tel point qu'arrivé à la fin, on a l'impression de s'être fait endormir et de n'avoir rien vu venir. Ou pas. J'ai trouvé la plongée dans l'histoire très finement rapportée par un auteur qui maîtrise son sujet sans paraître le montrer. L'univers de l'enfance y apparaît sous des couleurs décharnées et sombres, différentes de ceux à quoi le titre d'apparence espiègle laisse penser. Et tout cela fonctionne à merveille, Carrère a placé ses chausse trappes de manière efficace, le lecteur n'a pas d'autre solution que de se faire absorber.
On se retrouve à la fois pressé de connaître la vérité de cette histoire de disparition d'enfant et à la fois inquiet de comprendre que l'on a découvert la réalité et le drame derrière tout cela. Le personnage principal de l'enfant parlera à tous ceux qui n'ont pas oublié leurs propres doutes d'individu solitaire devant composer avec l'apprentissage de la collectivité.
Court roman à l'ambiance grisâtre comme un jour de neige sans soleil, ce roman est maîtrisé de bout en bout. S'appuyant sur des ressorts classiques mais toujours efficaces, Carrère ne révolutionne rien, n'invente pas grand chose mais il fait prendre tous les ingrédients de la fiction réussie avec beaucoup de doigté.
Extrait : La plupart des élèves déjeunaient habituellement à la cantine, mais pas Nicolas. Sa mère venait le chercher ainsi que son petit frère, encore à l’école maternelle, et ils prenaient tous trois le repas à la maison. Leur père disait qu’ils avaient beaucoup de chance et que leurs camarades étaient à plaindre de fréquenter la cantine, où l’on mangeait mal et où survenaient souvent des bagarres. Nicolas pensait comme son père, et si on le lui demandait se déclarait heureux d’échapper à la mauvaise nourriture et aux bagarres. Cependant, il se rendait compte que les liens les plus forts entre ses camarades s’établissaient surtout entre midi et deux heures, à la cantine et dans le préau où on vaquait après le repas. Pendant son absence, on s’était envoyé des petits suisses à la figure, on avait été puni par les surveillants, on avait conclu des alliances et chaque fois, quand sa mère le ramenait, c’était comme s’il avait été nouveau et devait reprendre à zéro les relations nouées le matin. Personne à part lui n’en gardait le souvenir : trop de choses s’étaient passées durant les deux heures de cantine.
Emmanuel Carrère - La classe de neige, Editions POL . 176 pages, 13 €.
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mardi 31 mai 2016
Quelques lectures de Mai
En ce dernier jours du mois de mai d'une pluviométrie absolument fol-dingue, voici un petit horizon de quelques lectures qui m'ont accompagné dans les trajets boulot-dodo notamment. L'art de la critique est difficile, je n'y suis pas à l'aise mais afin de me garder une trace de ce que j'ai lu, quand je l'ai lu, et ce que j'en ai pensé en deux mots à chaud, je vais tenter de tout centraliser ici.
Les menteurs - Marc Lambron (Grasset)
La démence du boxeur - François Weyergans (Grasset)
Les menteurs - Marc Lambron (Grasset)
Marc Lambron est un vrai Lyonnais. Je dis ça parce que je suis quant à moi un Lyonnais d'adoption (20 ans d'andouillette cette année; ce mois-ci même, ça se fête !). Mais Lambron est également un énarque qui faisait khâgne quand je venais au monde (ces deux aspects n'ayant strictement aucun lien comme on l'aura deviné) et plus récemment il a été élu à l'Académie Française. Bref, ça se pose là. Son roman "Les Menteurs" s'intéresse au destin de trois anciens camarades de khâgne au lycée du Parc de Lyon, (à deux pas de mon boulot alimentaire). Pas besoin d'être grand clerc pour piger qu'il y a pas mal d'autobiographie dans cette histoire. Marc Lambron s'intéresse donc à des quadragénaires qui se retrouvent et se souviennent, à tour de rôle, de ceux qu'ils étaient à vingt ans et de ceux qu'ils sont devenus. Une génération du rien qui n'a pu se bâtir ni sur la guerre ni sur la révolution et qui cherche un sens à sa vie. Bon. So what ? Lambron sait bien écrire, il a du vocabulaire... Il a fait khâgne, c'est pas rien. Il y a même quelques situations bien foutues, marrantes, grinçantes, et plutôt bien trouvées. Mais le dernier tiers du bouquin tourne un peu à vide, et s'enfonce dans un trou noir que l'on sent venir mais qui n'en demeure pas moins dommage. Quant aux personnages, ils ont une propension au mieux au stéréotype, au pire à l'ennui. C'est dur d'être un privilégié, y'a des coups de pied au cul qui se perdent, je t'enverrai tous ces gens serrer des boulons huit heures par jour pour réaliser qu'il y a des destins plus sombres que les leurs...
Comme un dimanche pluvieux de grève des boulangers. Enfin, ça existe la grève des boulangers ? Je sais pas, pourquoi pas, après tout ? Les boulangers ont bien le droit de faire grève !
Un bouquin trouvé à 1 euro dans un vide grenier, Prix Renaudot 1992... Un début qui m'a intrigué pour le personnage principal, un producteur de cinéma nommé Melchior Marmont dont il est question et qui promet une belle introduction. On espère que l'histoire va partir dans des territoires un peu fous et puis non. Très vite un marécage dans lequel je me suis embourbé sans possibilité de retour.
La question que je me pose : les grenouilles de Louisiane mangent-elles des miettes de pain ? A défaut d'autre chose, pourquoi pas, après tout ?
Du côté de chez Swann - Marcel Proust (Folio)
Et maintenant, se tenant sur la gauche du ring, accusant 94 ans de suprématie littéraire sur le reste de la France, Proust, le petit Proust, Marcel de son prénom, qu'est ce qu'on n'a pas dit sur lui ?
Alors oui c'est vrai, il y a des éclairs de génie, des phrases d'une beauté à couper le souffle, des ambiances vraiment réussies. Mais je l'avoue, je le confesse, j'ai été mis KO par le petit Marcel en 120 pages à peine. Incapable d'aller plus loin, parce que ce n'est pas mon truc. C'est un peu comme ces musiciens qui sont des virtuoses de leur instrument et qui vous plongent dans une admiration muette dès qu'ils envoient les premières notes de leur répertoire. C'est carré, c'est brillant, technique et enlevé, on ne peut qu'assister au spectacle la bouche ouverte d'admiration. Techniquement c'est magnifique mais on s'emmerde. Ben oui désolé Marcel, tu es vraiment un putain d'écrivain qui sait construire des phrases de fou furieux mais mon attention après 120 pages s'est fait la malle. Tu sais, je pense à un truc que disait Gabin dans "Un singe en hiver" : "(...) Mais tu m'emmerdes... Tu m'emmerdes gentiment, affectueusement, avec amour mais TU - M'EN - MERDES!" L'adversaire - Emmanuel Carrère (POL)
Emmanuel Carrère s'est depuis quelques années désintéressé de l'écriture de fiction. Il s'en explique de façon très claire au travers de plusieurs interviews qu'on peut écouter sur les vidéos qui abondent sur le net.
Je ne connaissais Emmanuel Carrère que de nom, et ce sont ces vidéos qui m'ont donné envie de découvrir l'auteur. Comme quoi, il y a quelque chose d'utile dans les vidéos, celles que je regarde souvent après avoir corrigé ou écrit un chapitre, à la façon d'un sucre qu'on filerait à un clébard pour le récompenser après un tour réussi. Donne la patte, fais le beau, écris ton chapitre, réécris, corrige, enfin quoi, bouge toi le cul !
Cette histoire de "L'adversaire" est celle de Jean-Claude Romand, le faux médecin qui a tué pour de bon sa femme, ses parents, ses enfants, en point d'orgue à un tissu de mensonges dont il ne pouvait plus se sortir. Carrère a assisté au procès médiatique de cette actualité très médiatisé. Mais il sait faire la part des choses et raconte ce drame tout en retenue, exposant les faits tels qu'ils se sont déroulés (je pense) mais sans prendre partie. J'ai énormément aimé la façon dont Carrère raconte ce destin hors norme qui m'a secoué comme père tout d'abord, puis comme être humain (ou en tous cas qui essaye de le rester). Bon maintenant il va falloir que je découvre le Carrère romancier et puis le reste aussi.
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