mardi 17 avril 2018

Parenthèses ... Version 2 !



Relecture des 460 pages de la première version terminée. C'est donc parti depuis ce lundi pour la seconde version de ce nouveau roman. 
En profitant des températures clémentes de la soirée.

dimanche 15 avril 2018

L'extrait du... 15 Avril


Dany Laferrière - Chronique de la dérive douce (Grasset)



"Nathalie qui marche
comme si elle avait un compte personnel
à régler avec chaque homme qu'elle croise
sur son chemin, se révèle très pudique au lit.
C'est qu'elle dépense tout dans la rue."




mardi 3 avril 2018

L'extrait du... 3 Avril

Hervé Prudon - La langue chienne 
(Gallimard, 2008)

"Dans l’urgence du prurit et l’ignorance de toute hygiène contraceptive, les filles se retrouvent grosses d’une marmaille à tétine, une progéniture de géniteurs précoces. Des pères maigres aux yeux floutés d’une candeur victime font faire l’avion à des bébés gras aux cris de porcelets. Beaucoup de meurtres d’enfants mais beaucoup de naissances aussi, plein de familles nombreuses à nourrir de torgnoles et de frites. Une enfance à torcher, des bébés à changer, une jeunesse à rincer."

dimanche 1 avril 2018

Parenthèses version 1

3 janvier - 31 mars. 462 pages et quelques feutres Paper Mate Flair.
Le premier jet du roman provisoirement intitulé "Parenthèses" est terminé.

Alors c'est vrai j'aurais pu terminer mi-mars en écrivant tous les jours mais l'essentiel est d'avoir été au bout en moins de trois mois, ce que j'avais prévu fin 2017 en bâtissant le plan de cette première version. 
En dehors de ces 13 jours durant lesquels je n'ai pas pu écrire une ligne, j'ai gardé un bon rythme, notamment ces 4 dernières semaines où je n'ai pas fait grand chose d'autre en dehors d'aller bosser, ce qui représente quand même pas mal de temps...
Bon maintenant on n'a pas fait grand chose. 
Il va falloir relire tout ça à tête reposée, avec un carnet de notes à côté et noter tout ce qui pose problème dans la structure, dans la cohérence, dans les personnages. L'idée c'est de bâtir un nouveau plan pour démarrer l'écriture du deuxième jet mi-avril. En repartant à zéro. Ou presque ! C'est le principe du tamis, en partant de la version la plus grossière pour filtrer les idées et le récit afin d'obtenir une version plus légère et - je l'espère - meilleure.   

jeudi 22 mars 2018

A la Ste Léa, on rase gratis les e-boucs

En attendant peut-être un jour l'invention des e-brebis, nous parlerons aujourd'hui de e-boucs. Mais qu'importe, puisqu'on rase gratis malgré tout. 
J'ai en effet décidé d'offrir dorénavant mes livres en format électronique. Parce que le but, maintenant c'est de faire lire au plus de monde possible. Et pour ça, zéro euro, ça me semble pas mal.
Alors certes, les ayatollah du grand Kapital de la secte de Jeff empêchent de mettre un kindle gratuit. C'est comme ça, on ne peut pas aller sous les 99 centimes d'euro. C'est moche tout de même la mondialisation. 

Donc, on résume et on boit frais. Dorénavant les prix appliqués seront les suivants pour mes bouquins existants et à venir :
Kobo : 0 €
Lulu (ePUB) : 0 €
Kindle : 0.99 €
Les livres disponibles à ce jour sont :
- Journal d'un orphelin programmé (publié en 2015)
- Brûler à Black Rock (publié en 2016)
- Waterloo en maillot de bain (publié en 2017)
- Des chardons dans la garrigue (publié en 2017)
Tous les détails pour commander sont sur la page ECRITURE(S).

Le jour où j'ai démarré le 14ème et antépénultième chapitre de mon nouveau roman (ce qui représente 400 pages), il fallait bien marquer le coup. 
Alors oui, on peut le dire maintenant : à la Ste Léa, on rase gratis les e-boucs.

mardi 13 mars 2018

8 - 13 = 328

Le premier jet de mon nouveau projet de roman avance à son rythme... ni trop vite ni trop doucement. J'essaye de respecter la règle d'or pour produire quelque chose : écrire chaque jour. Néanmoins j'ai traversé une zone de turbulences dans la gestion de mon temps à la fin du mois de janvier et surtout en février, ce qui s'est traduit par treize jours à zéro ligne. 

Huit semaines après avoir démarré ce premier jet, j'en arrive à la fin du second tiers de l'histoire. 
Avec 328 pages écrites et un peu moins de 200 restantes, je vais bientôt me retrouver avec un manuscrit ventripotent et maladroit. Mais comme dirait l'autre, "C'est le jeu !" Car oui, c'est bien le but d'un premier jet, aller au bout de son idée, sans se retourner, en produisant de la façon la plus régulière possible. On se relira ensuite. 

En regardant devant, j'espère terminer ce premier jet sur la deuxième quinzaine d'avril, ce qui me permettra de consacrer le début du mois de mai à la relecture et aux notes préparatoires puis de me lancer dans l'écriture du deuxième jet. Ah oui, et accessoirement, je n'ai toujours pas trouvé de titre à ce nouveau roman, pour l'heure toujours baptisé du nom de code "Parenthèses".

jeudi 8 mars 2018

Lecture : Charles Juliet - Ténèbres en terre froide

Charles Juliet a entrepris depuis la fin des années 50 la constitution d'un journal ample et fourni qui est depuis quelques temps édité chez P.O.L. 
L'auteur originaire de l'Ain s'est lancé sans filet dans le grand huit de l'écriture, abandonnant ses études de médecine pour se consacrer à cet art. Un acte courageux et noble qui inspire d'autant plus que soixante ans plus tard, Charles Juliet poursuit la publication de cette oeuvre autobiographique et peut se targuer d'avoir réussi son pari. Pourtant, comme en atteste la lecture de "Ténèbres en terre froide", premier tome de son journal, tout n'était pas gagné d'avance. Car il faut avoir le moral au beau fixe avant de se lancer dans la lecture de ce volume inaugural. Obsédé par le suicide, très critique à l'égard de lui même, rempli de doutes sur le sens d'une vie à consacrer à l'écriture, Juliet écrit sans fard ni tamis. J'ai parfois eu du mal à me frotter à ce genre de narration du vrai qui frappe droit à l'âme de celui qui lit et qui écrit.
Il faut pourtant dépasser ces malaises qui nous saisissent à la lecture de ces paragraphes plein de noirceur pour rebondir sur l'enchantement dont Juliet se fait l'écho lorsqu'il produit une oeuvre qui le satisfait ou qui élève son âme. 
Il est étonnant de ressentir une fraternité et une proximité avec Juliet car à plusieurs reprises j'ai retrouvé dans ces pages des sensations que j'ai moi même ressenti plusieurs fois face à l'écriture. 
Voilà un journal singulier qui mérite la lecture par son refus de la médiocrité de forme et de fond. Une véritable leçon pour tous les écrivaillons de l'autobiographie qui frétillent en surface sans jamais briller. 

mardi 27 février 2018

L'extrait du... 27 Février

Je viens de terminer la relecture de l'intégrale des romans de John Fante (1909 - 1983), auteur pour lequel j'éprouve un attachement fort et que je relis régulièrement depuis vingt-cinq ans. 
C'est toutefois la première fois que je relis toute son oeuvre à la suite, profitant de la réédition de ses neuf romans en trois volumes chez Bourgois dans la collection Compact, traduits par le toujours impeccable Brice Matthieussent.
C'est son ultime roman "Rêves de Bunker Hill" qui clôture cette intégrale, roman qu'il n'a pas écrit car rongé par le diabète, l'auteur italo-américain devenu aveugle l'a dicté à son épouse Joyce. Il s'agit d'un roman nostalgique et qui reprend toutes les thématiques chères à l'écrivain, une sorte d'adieu littéraire dicté quelques années avant sa mort.

L'extrait qui suit intervient quelques pages avant la fin du roman. Sous des dehors rustres et fanfarons, il résume à merveille toute l'oeuvre de Fante, en quelques lignes seulement. Un jour prochain je rédigerai un dossier complet sur John Fante. Cet auteur fantastique et connu de trop rares illuminés mérite vraiment la découverte.

John Fante, Rêves de Bunker Hill, Bourgois.

vendredi 23 février 2018

L'extrait du... 23 février

Après la guerre civile espagnole, Georges Bernanos s'exile au Brésil de 1938 à 1945, pays pour lequel il va développer une grande amitié. Dans cette période politique excessivement trouble, il va écrire un de ces livres les plus célèbres, "La France contre les Robots". Dans cet essai, l'auteur se positionne contre la Machine en dénonçant la perversion de la pensée humaine naturelle que celle-ci entraîne.

De ce voyage au Brésil, Bernanos a également extrait une correspondance et des articles écrits durant cette période et qui sont édités en poche chez La Table Ronde. Dans cette anthologie de textes et de lettres, on retrouve entre autres choses beaucoup plus prosaïques, le thème de la robotique et de l'industrialisation.

Je viens de terminer la lecture de ce bouquin de poche dans la superbe collection "La petite Vermillon" et j'ai corné une page parmi d'autres qui a attiré mon attention. On y trouve en effet une critique qui me semble pertinente et également prédictive des dérives de l'automatisation mais aussi du rôle de l'homme dans la grande machinerie d'une société qui lui échappe. 


Georges Bernanos, Brésil terre d'amitié, La Table Ronde.

mardi 20 février 2018

Lecture : Joyce Carol Oates - Journal

Joyce Carol Oates fêtera en juin 2018 ses 80 ans. Figure tutélaire de la littérature contemporaine américaine, cette femme singulière a écrit depuis 1964 la bagatelle de 200 livres. Et le plus étonnant c'est que ces livres sont en général d'épais pavés qui dépassent fréquemment les 400 pages. Elle n'est pas seulement une écrivain, elle est une graphomane. Une de ces personnes pour qui l'équation de la vie se résume à "écrire ou mourir". Veuve et sans enfant, la peau sur les os, Oates est un mystère dans la littérature moderne. Comment peut on écrire autant depuis tant d'années ? Où se situent les ressorts psychologiques dans cette obsession biologique pour l'écriture ? Y a t-il un sens à cette quête éperdue de la page à noircir et est-il important de le débusquer ? C'est un peu toutes ces questions qui se posent à la lecture de ce journal épais, diffus et abondant de Joyce Carol Oates. 

Couvrant la décennie de 1973 à 1982, ces pages nous en apprennent davantage sur le côté privé et le rapport physiologique à l'écriture qu'entretient cette femme étonnante. Sur ses questions de professeur, sur l'opposition entre le quotidien et l'oeuvre, peut être aussi sur ses positions sur le sexe qui sont souvent très complexes dans ses romans.
Comme dans son oeuvre de fiction, le journal de Oates déborde et ne sait pas aller à l'essentiel. C'est un peu la limite de son style. Et aussi la limite du genre, car si la majorité des écrits de ce journal concernent l'écriture, une partie touche une sphère plus quotidienne qui n'apporte que peu d'éclairage sur l'oeuvre en tant que telle. Mais toutes ces pages accumulées dans une écriture que l'on imagine ramassée sur elle même et tassée sur la feuille concourent à dresser un portrait à multiples facettes de ce personnage complexe qu'est Joyce Carol Oates. En outre, il n'est pas nécessaire d'être un fervent lecteur de sa bibliographie pour se laisser emporter dans les remous de ce journal. Les questions qu'elle se pose sur son oeuvre, ses personnages, la rage parfois devant des choix narratifs qu'elle ne sait pas prendre sont des thèmes universels et passionnants. Et arrivé au terme du livre, on regrette qu'elle n'ait pas souhaité publier la suite de cette étonnante machinerie intérieure mise sur papier.

ExtraitFascinant, l'esprit humain ; insondable. Penser que nous habitons l'oeuvre la plus magnifique, la plus ingénieuse de l'univers... à savoir le cerveau humain... et que nous l'habitons sans grâce, avec désinvolture, rarement conscients du phénomène dont nous avons hérité. Comme des gens qui, à l'intérieur d'une magnifique demeure, n'occuperaient que deux ou trois pièces sordides. Nous ne savons même pas ce qui pourrait nous attendre dans les étages supérieurs ; nous sommes réduits à contempler les motifs du plancher devant nous. De temps à autre, un rêve/une vision profonde, vraiment alarmante, franchit la barrière et nous contraint à reconnaître la présence d'une force plus grande que nous, contenue on ne sait comment dans notre conscience.