vendredi 16 septembre 2016

Sélection Prix Femina 2016

Après la première sélection du Goncourt, le jury du Prix Femina vient d'annoncer sa première sélection. Le prix sera attribué le 25 Octobre prochain, une semaine avant le Goncourt, de quoi faire en sorte qu'il n'y ait pas de cumul des mandats, ce serait ballot. 
En attendant la seconde sélection le 4 Octobre puis la troisième sélection le 14 Octobre qui se chargeront de réduire la liste des prétendants, voici les nominés pour le prix du Femina Français : 

  • Sophie Avon, Le vent se lève (Mercure de France)
  • Nathacha Appanah, Tropique de la violence (Gallimard)
  • Jean-Baptiste Del Amo, Règne animal, (Gallimard)
  • Catherine Cusset, L'autre qu'on adorait (Gallimard)
  • Chloé Delaume, Les sorcières de la République (Seuil)
  • Négar Djavadi, Désorientale (Liana Levi)
  • Gaël Faye, Petit pays (Grasset)
  • Hélène Gestern, L'odeur de la forêt (Arléa)
  • Frédéric Gros, Possédées (Albin Michel)
  • Serge Joncour, Repose-toi sur moi (Flammarion)
  • Luc Lang, Au commencement du septième jour (Stock)
  • Marcus Malte, Le garçon (Zulma)
  • Laurent Mauvignier, Continuer (Minuit)
  • Céline Minard, Le grand jeu (Rivages)
  • Leila Slimani, Chanson douce (Gallimard)
  • Florence Seyvos, La sainte famille (L'Olivier)
  • Thierry Vila, Le cri (Grasset)
  • Eric Vuillard, 14 juillet (Actes Sud)

Comme pour le Goncourt, beaucoup des éditeurs majeurs squattent la place mais soulignons la présence de l'éditeur Zulma qui propose toujours des livres intéressants sous une maquette réussie. Je fais donc de "Le garçon" de Marcus Malte mon favori. Je précise que c'est un avis totalement, non, affreusement subjectif vu que je n'ai lu aucun titre de cette sélection. Bon d'accord j'avoue que le nouveau Joncour m'attire beaucoup, pour en avoir lu les premières pages... Mais il faut bien supporter les challengers et Zulma n'a pas la reconnaissance du grand public comme peuvent l'avoir les poids lourds de l'édition... Alors à choisir, autant choisir "le petit"... La suite dès le 4 Octobre en espérant que le Zulma échappe à la coupure de la 2ème liste.

jeudi 15 septembre 2016

SUR écrire

Je suis récemment tombé sur l'émission "La grande librairie" du 16 Octobre 2008. 
Pendant cette émission a été diffusé un reportage sur la visite de François Busnel chez John Le Carré, auteur poids lourd du thriller d'espionnage. 
Je ne suis pas fan de l'auteur mais je m'intéresse énormément aux procédés de création littéraire et en particulier au travail des manuscrits. Et ce que j'ai vu à la 24ème minute de cette émission m'a scotché. Je vous colle le lien direct, c'est impressionnant et cela souligne l'importance de la réécriture et du travail du manuscrit.

Le marronnier du Goncourt

"Et c'est reparti... encore du saucisson !"
Boby Lapointe est mort en 1972 et le prix Goncourt lui a survécu. Même s'il ne faut voir aucune relation de cause à effet entre ces deux faits. Le prix a 113 ans, ça nous rajeunit pas ça madame. 

En Septembre c'est le mois des vendanges et de l'établissement de la première liste de sélection pour le prix Goncourt. 
C'est bien le prix Goncourt, ça fait de la pub pour Drouant, ça flatte les égos du jury et ça fait vendre les journaux. Sans compter que ça te file un coup de boost dans les ventes, quelque chose de velu. En ces temps de misérabilisme perpétuel où l'on nous vend de la dépression en fuseaux horaires non-stop, ça ne mange pas de pain.
Petit graphique pour rappel de l'intérêt des prix littéraires pour les éditeurs : 

Bon alors, et cette liste ? Et bien la voilà : 

Natacha Appanah - Tropique de la violence (Gallimard)
Metin Arditi - L’enfant qui mesurait le monde (Grasset)
Magyd Cherfi - Ma part de Gaulois (Actes Sud)
Catherine Cusset - L’Autre qu’on adorait (Gallimard)
Jean-Baptiste Del Amo - Règne animal (Gallimard)
Jean-Paul Dubois - La Succession (L’Olivier)
Gaël Faye - Petit Pays (Grasset)
Frédéric Gros - Les Possédées (Albin Michel)
Ivan Jablonka - Laëtitia ou la fin des hommes (Seuil)
Régis Jauffret - Cannibales (Seuil)
Luc Lang - Au commencement du septième jour (Stock)
Laurent Mauvignier - Continuer (Minuit)
Yasmina Reza - Babylone (Flammarion)
Leila Slimani - Chanson Douce (Gallimard)
Romain Slocombe - L’affaire Léon Sadorski (R. Laffont)
Karine Tuil - L'Insouciance (Gallimard)

Alors, est-ce que cette première sélection a bénéficié de l'arrivée de Virginie Despentes dans le jury ? S'agit-il d'une sélection plus rock & roll ? Je tombe le masque tout de suite : je n'en ai lu aucun. Mais à mes questions précédentes et pour suivre un minimum l'actualité littéraire, je constate qu'il n'y a pas de révolution dans les palais... Les éditeurs qui trustent les premiers rôles sont là -Gallimard x5 - l'underground et la littérature dissidente ou à minima alternative n'est pas encore prête d'entrer dans la sélection. Et puis ce sont toujours les mêmes bouquins dont on nous parle depuis deux mois, ceux qu'on voit dans les journaux, dans la lobotoboîte (communément appelée télévision), bref, la même publicité pour les mêmes lessives. 
Après, il peut être amusant de prendre les paris. Voilà ,je me lance, juste pour le fun comme disent les djeuns. Je mise un pièce sur "Règne Animal" de Del Amo; je n'ai pas lu son bouquin mais je l'ai feuilleté et bon sang, il y a de la puissance dans les lignes que j'ai parcourues. Et puis il est toulousain, et ça compte... "Ô Toulouse !" 
On a commencé avec Boby Lapointe, on peut bien finir avec Nougaro.

mercredi 14 septembre 2016

MANX : Journal de bord - Semaine 2

Cet article fait partie de la série "MANX: Journal de bord" qui va se proposer de suivre de façon hebdomadaire l'écriture de mon nouveau roman depuis les premières prises de notes jusqu'à l'impression du livre dans... plusieurs mois :)  Article précédent : Journal de bord (1)


Phase 3 - La conception

Après avoir passé quelques semaines/mois/années (rayer la mention inutile) à incuber (Phase 1) puis quelques jours à prospecter (Phase 2), il faut maintenant se pencher un peu plus sur la préparation en tant que telle de ce futur roman. Les deux phases précédentes ont permis de récolter des idées de personnages, d'intrigues, un sujet... Mais tout cela n'est encore qu'un tas de petits trucs informes, mal foutus, vagues et sans liens les uns avec les autres.

Alors comme je l'ai déjà indiqué pour les phases 1 et 2 : il n'y a pas de solution miracle; il faut expérimenter. Voilà ce que je fais pour "MANX" et qui s'inspire en grande partie de ce proposent des méthodes documentées mais dont j'ai trouvé une excellente synthèse sur le site de Kanatanash. Il y a de nombreux sites qui proposent des méthodes, pour la plupart inspirées de théories apprises dans les ateliers de creative writing américains.
L'idée est d'aller du plus large au plus précis comme si on se rapprochait avec une loupe. Et surtout de ne pas hésiter à se promener d'une étape à une autre, car à chaque fois que l'on passe d'une étape à la suivante, de nouvelles idées se font jour et peuvent nécessiter de revenir à l'étape précédente pour faire une mise à jour. Il faut réussir à suivre la méthode sans que cela bride l'imaginaire et la liberté de faire ce que l'on veut. C'est bien là le plus important. Une méthode c'est bien à partir du moment où on sait s'en défaire.



> étape 1 : une histoire en une phrase

La théorie : Il s'agit d'écrire une phrase qui résume l'histoire que l'on souhaite écrire. Une seule phrase pour expliquer ce que l'on va raconter pendant des centaines de pages. 

Mon avis : C'est raide mais c'est très bien. Cela permet d'aller à l'essentiel et de se mettre au clair avec soi-même. C'est une sorte de contrat moral : voilà ce que je souhaite raconter. 
Pour "Manx", il m'a fallu... 3 minutes.


> étape 2 : une histoire en un paragraphe 

La théorie : Transformer la phrase de l'étape précédente en un paragraphe en introduisant des éléments perturbateurs entre chaque phrase. En gros : qu'est ce qu'il va se passer pour faire foirer l'histoire et la rendre intéressante ? Conflits entre personnages, événements extérieurs, etc... Il faut trouver des grains de sable pour bâtir une intrigue principale qui tienne la route. 
Un chevalier qui sauve une princesse c'est marrant deux minutes mais s'il lui arrive des tuiles au milieu qui l'obligent à revoir son but, ou la façon de l'atteindre, c'est mieux. 

Mon avis : Etape hyper importante : c'est là que mon imagination commence à partir dans des zones complètement farfelues et suggère plein de pistes foireuses ou non mais indispensables pour trouver un fil conducteur. et mettre en place ces fameux écueils qui vont rythmer l'histoire. Quand on prend un peu de recul, c'est ce paragraphe là qu'on va raconter à un futur lecteur pour lui donner envie de lire son livre quand il sera terminé.  
Pour "Manx", il m'a fallu... 15 minutes.

> étape 3 :  le but des personnages

La théorie : L'étape 2 a permis de réfléchir à des conflits, des obstacles et donc à imaginer des protagonistes amis et ennemis des personnages que l'on avait déjà en tête. Tout naturellement de nouveaux personnages se font jour. Il faut leur trouver leurs caractéristiques fondamentales. A ce stade, il ne s'agit pas de savoir s'ils sont bruns ou s'ils parlent avec style mais plutôt quel est leur intérêt dans l'histoire qu'on va raconter et le rôle qu'ils vont y jouer. Dans quelles situations sont-ils au début de l'histoire et à la fin du récit : comment évoluent-ils, qu'apprennent-ils ? 

Mon avis : Là, on commence à se faire quelques nœuds au cerveau. Mais cette étape est pour moi déterminante car j'attache beaucoup d'importance aux personnages. Après tout ils constituent le socle primordial d'une bonne histoire. Sans personnages complexes, ambigus, riches, il n'y a pas d'histoire. C'est facile à dire mais difficile à faire.
Pour "Manx", j'ai actuellement 7 personnages et il m'a fallu... 2 heures.


> étape 4 : une histoire en une page 

La théorie : L'étape 2 nous a donné un paragraphe avec deux ou trois événements clés qui vont faire basculer le récit dans une direction importante. Il s'agit maintenant de développer ce paragraphe pour en faire un synopsis qui va creuser l'intrigue. En le détaillant, ce paragraphe se transforme en une page de 4 paragraphes. Chaque paragraphe se termine sur un écueil (éléments perturbateurs) sauf le dernier qui se termine sur la fin de l'histoire. 

Mon avis : On continue de se creuser les méninges et de nouvelles pistes apparaissent. En cherchant à rendre son histoire cohérente et intéressante, on amplifie les conflits, on découvre des histoires secondaires, des intrigues mêlées. On peut même déjà identifier des blocages et on change son fusil d'épaule pour que les fondations soient solides. C'est ce qu'il m'est arrivé pas plus tard que la semaine dernière. Alors que mon paragraphe de l'étape 2 avait une chouette gueule, je me suis rendu compte en le développant ici que ça ne tenait pas la route. Quel temps gagné de s'en rendre compte ici plutôt que dans 2 mois après plusieurs dizaines de pages écrites ! 
Pour "Manx", il m'a fallu... 1 heure. 


> étape 5 : l'histoire des personnages  
La théorie : L'étape 3 nous a donné quelques pistes de base pour les personnages les plus importants de l'histoire, il faut maintenant envisager l'histoire vue à travers les yeux de chacun d'entre eux pour renforcer les intrigues secondaires. Le principe est de rédiger un synopsis d'une page pour chaque personnage. 

Mon avis : Hyper important pour moi afin de commencer à réfléchir à la question du point de vue narratif des scènes futures qu'il faudra écrire. Cette étape permet de commencer à se mettre dans la peau de tous les personnages de l'histoire. On peut utiliser cette étape pour améliorer ces derniers en les épaississant davantage. 
Pour "Manx", il m'a fallu... 2 heures.


> étape 6 : LE synopsis 

La théorie : Il faut ici développer l'histoire qui tient sur une page depuis l'étape 4. Donc penser aux enchaînements entre les parties et les définir : que se passe t-il au début, au milieu et à la fin de l'histoire. Quels événements majeurs (les écueils dont on parle depuis le début) permettent d'articuler ces différentes parties les unes aux autres.  Où est-ce que ça pêche encore ? Quels choix doit-on faire pour s'engager dans une voie plutôt qu'une autre. Là, il faut se mettre d'accord.

Mon avis : C'est perturbant pour le cerveau parce qu'il faut revoir tout ce que l'on a fait avant, découvrir qu'une piste n'est pas la meilleure, revoir les étapes précédentes en conséquence, découvrir de nouveaux trous dans le gruyère et recommencer. Mais pour moi c'est une étape fondamentale pour avoir la structure du récit dans ses grandes lignes. 
Pour "Manx", il m'a fallu... 2 heures.

Voilà. Après deux semaines, j'en suis donc là. Il me reste maintenant deux étapes qui vont prendre plusieurs jours : les fiches détaillées de personnages et le plan des différentes scènes de l'histoire. De quoi m'occuper jusqu'à la fin du mois en même temps que je mène quelques recherches relatives à l'une des intrigues secondaires, que j'enquête sur un décor, des habitudes de vie, un lieu... 

Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite... 

 

mardi 13 septembre 2016

Lecture : Richard Ford - Week-end dans le Michigan

Richard... Tu m'agaces.
Certes je ne te connais pas. Et c'est à peine si je te reconnaîtrai si d'aventure je te croisai au bas de la rue. Cette perspective a certes peu de chances de se produire : tu as 72 ans et aux dernières nouvelles, tu vis dans le Maine. 

Richard... J'aurai aimé aimer tes livres.
En plus tu as poussé la pudeur à ne pas faire crouler les étals des librairies sous ta production : huit romans entre 1976 et 2014 c'est ce qui s'appelle une production raisonnée. Et même si on y ajoute trois recueils de nouvelles, tout cela reste très sage. Ton aîné et collègue Cormac McCarthy, qu'ici en France on catalogue aussi dans le mouvement du "Dirty Realism" (et qui comme toi a décroché le Pullitzer de Littérature) en a publié treize sur une période similaire. 

Richard... Canada ou Michigan, et après ? 
J'ai découvert ton univers dans "Canada" dont j'ai aimé le démarrage et l'idée, il faut dire que tu sais y faire pour installer une ambiance et embarquer ton lecteur dès les premières pages. Tu as bien failli m'avoir à nouveau avec "Week-end à Michigan" d'ailleurs... Mais là le soufflé est retombé après un peu plus de 150 pages. Et quand il en reste 340, ça fait un paquet de feuilles à tourner. Alors j'avais déjà détecté ta propension à prendre des chemins de traverse à la lecture de "Canada". Mais pour aller dans le Michigan, tu as mis du temps. Un foutu temps... Trop de temps ! Richard, tu sais écrire. J'aimerai avoir le quart de la moitié du dixième de ton talent mais bon sang, que de longueurs !

Bon. Faut que je te fasse une confidence. C'était pas forcément le bon moment pour moi de lire "Week-end dans le Michigan". Faut avoir des sourires plein l'estomac avant de se plonger dans ces 500 pages. Et surtout pas des papillons de nuit dans la tête. Parce que les confidences et les états d'âme de ton héros journaliste sportif qui a perdu son petit garçon après une maladie, ça m'a pas arrangé. Il est pas drôle ton bouquin, et c'est ton choix, ça on peut pas dire. Mais franchement, tu aurais pu nous virer 300 pages et en faire un truc ramassé autrement plus puissant. Alors sans rancune Richard, et peut-être à une prochaine.

lundi 12 septembre 2016

Parcours de lecteur (2)

Cet article fait suite à celui du 4 septembre : Parcours de lecteur (1)

Révolution 0.5
L'année 1989 marque le véritable lancement de ma bibliophilie. J'ai notamment le souvenir d'avoir été malade  quelques jours et d'avoir du rester au lit. Rien de grave, mais l'ennui me pousse alors à jeter un regard un peu plus attentif à ce livre que mon père me propose ; "La peste" de Camus. Je me régale du style riche et de l'écriture puissante de Camus, je me sens soudain adulte et considéré en tant que tel par l'auteur en éprouvant cette délicieuse impression que Camus a écrit ce bouquin pour moi. Longtemps il restera avec "Le vieil homme et la mer" d'Hemingway l'un des deux bouquins fondateurs. 

Révolution 1.0
Je ne suis toutefois pas un intellectuel et je ne l'ai jamais été. Pas davantage en 1989 qu'aujourd'hui. Alors pendant l'été de mes 15 ans je me laisse aspirer par la découverte de ce que les amateurs d'étiquette qui sévissent en France appellent "les littératures de l'imaginaire".
Les auteurs américains de science fiction, de fantasy et de science fantasy se mettent peu à peu à inonder les rayonnages de ma bibliothèque. Affamé de découvertes, je me mets à picorer ça et là avec toute la frénésie du béotien en état de manque. La collection "J'ai Lu SF" constitue ma première source d'approvisionnement, et je récupère dans le grenier familial des éditions des années 70 ayant appartenu à mon père. Je lis le cycle du A de Van Vogt et je découvre les Robots d'Isaac Asimov, ce qui constitue une véritable révélation. J'écris des nouvelles de science fiction, je me sens "proche" de ces auteurs et avec le recul, je me rends compte que je me mets à imiter le style d'Asimov, ce qui n'est pas une très bonne idée d'un point de vue littéraire. 
Car si l'on ne peut pas reprocher à Asimov l'immensité de son imaginaire et l'approche scientifique de ses intrigues, ses personnages sont tout de même très maladroitement construits. Mais qu'importe, à cette époque, je me régale et je lis tout ce que je trouve qui porte le nom d'Asimov sur la couverture. Le cycle des robots y passe en entier et puis je découvre Fondation, nouvelle révélation et excitation maximale lorsque dans la seconde partie du cycle de Fondation, on retrouve les robots. La cohérence de l'univers d'Asimov m’apparaît en même temps que je me mets à envier ces auteurs dont le métier consiste à inventer ces mondes, à les dépeindre et à les faire se croiser dans plusieurs livres à priori indépendants. 

Toujours dans la collection "J'ai lu SF" je découvre l'immense Jack Vance et les quatre romans de son célèbre cycle de Tschaï dont les couvertures sont signées Caza et que je vais relire plusieurs fois. Poussant la porte d'autres collections pour lire du Vance par ailleurs, je me mets à arpenter le catalogue des "Pocket SF" en commençant par son autre cycle ultra célèbre de cinq romans de "La geste des princes démons".  
L'été  suivant les éditions "Pocket SF" ainsi découvertes me permettent de tomber sur l'univers de Michael Moorcock dont je vais lire presque tout en presque rien de temps. Et ce malgré la maquette discutable de leurs bouquins aux couleurs roses sur fond gris métal : le cycle d'Hawkmoon (7 tomes), le cycle d'Elric (9 tomes) que j'alterne avec la lecture de Corum (6 tomes). La richesse de la Science Fiction va occuper mes lectures pendant plusieurs années de façon exclusive.
Plusieurs auteurs vont notamment m'accompagner pendant les trois années de lycée à Béziers où matin et soir je dois m'astreindre à une bonne heure de bus, soit deux heures de lecture cinq jours par semaine en plus des lectures du soir dans le lit... Et puis d'explorations en explorations je découvre LA collection de SF dont je vais lire et collectionner le plus de livres : "Présence du Futur" de Denoël qui existe depuis 1954 et qui propose des centaines de titres. 
Grâce à elle je découvre les bouquins de Philip K.Dick, Roger Zelazny, Fredric Brown, Ray Bradbury, Richard Matheson, Lovecraft, Stefan Wul... Des sommités du genre. Et puis je tente la SF du bloc de l'Est (Stanislas Lem, Arcadi et Boris Strougatski), des auteurs moins connus... Je me régale d'alterner les collections et les thèmes, les nouveautés (le cyberpunk) avec les grands classiques (Silverberg, Poul Anderson, Arthur C.Clarke...) sans oublier de revenir fréquemment à mes auteurs favoris (Vance, Asimov, Clifford D.Simak...)
Après avoir lu et accumulé des centaines de romans de SF, les années 90 sont déjà bien entamées, j'ai presque 20 ans et à cet âge, forcément, on s'intéresse un peu plus aux filles et un peu moins aux bouquins... Sans compter qu'après plusieurs années de régime SF, j'ai l'impression d'avoir tout lu et je me suis lassé. Je ne sais pas encore qu'il me faudra un long moment avant ma prochaine révolution de lecteur...  

(à suivre)

vendredi 9 septembre 2016

MANX : Journal de bord - Episode 1

Comme je l'annonçais le 1er Septembre, j'ai activé la phase de démarrage de mon nouveau projet de roman, dont le nom de code pendant les (12,18,24?) prochains mois sera "MANX". Je choisis toujours un nom de code pour un projet d'écriture car trouver le titre définitif m'apparaît toujours comme quelque chose de compliqué et pas très important à ce stade. Bref, ce n'est pas la priorité. 

Je souhaite profiter de ce projet d'écriture au long cours pour tenir un journal de bord régulier de cette aventure que représente l'écriture d'un roman, et ce pour deux raisons:
- garder une trace de mes questions, doutes, obstacles et étapes dans le processus de création (ça me sera utile plus tard).
- le partager pour ceux qui pourraient trouver ça intéressant.
Une méthode ?  
Avant d'entrer dans le vif du sujet, il est utile de rappeler une de mes convictions sur l'acte d'écrire une histoire longue : Il est impossible d'y parvenir sans méthode... mais il n'y a pas de méthode ! 
Alors les anglo-saxons, américains en tête, vous diront que si, justement, il y en a une de méthode, même qu'elle s'apprend en cursus universitaire de creative writing et qu'il y a plein d'ouvrages disponibles sur la question. Ouais... Ben peut-être bien mais moi j'ai besoin d'expérimenter et tâtonner pour trouver la meilleure façon de faire pour mon cas personnel dans une situation donnée. Parce que je ne crois pas en l'industrialisation du processus de création. Certes je n'écris pas de la grande littérature, je fais dans le populaire mais il n'empêche, on peut faire dans l'écriture de gare et vouloir malgré tout suivre une démarche d'artisanat.
Chaque livre que l'on écrit constitue une aventure particulière. L'auteur est une personne différente à chaque démarrage de projet et elle sera une nouvelle personne à la fin. Pas forcément mieux, ni pire (quoi que...) mais en tous les cas, l'écriture d'un bouquin doit nous faire changer. C'est l'une des conséquences de l'acte d'écrire et cela contribue à l'intérêt de cette activité solitaire et difficile. Il faut bien qu'il y est une contrepartie!

Certains auteurs se lancent directement dans l'écriture de leur roman sans trop s’appesantir sur le chantier de préparation. Ou de façon minimale, en ayant simplement en tête quelques points de structure... De mon côté j'en suis incapable, j'ai besoin de travailler la préparation du roman en y passant du temps.
Depuis fin 2014 que je me suis remis sur des longs récits, je me suis documenté sur divers sites et blogs d'auteurs versés dans les méthodologies des uns et des autres. Après trois romans restés au fond d'un tiroir, finis certes mais que j'estimais trop faibles, je devais progresser dans le chantier des préparatifs à l'écriture. Confrontant les expériences, testant à l'occasion de "Brûler à Black Rock" les possibilités offertes jusqu'à trouver un processus qui me convienne. Celui-ci n'a rien d'idéal mais il me permet de m'y retrouver pour cadrer le démarrage d'un projet d'écriture, ce qui n'a rien d'une sinécure. Et puis comme déjà annoncé plus haut : LA méthode n'existe pas !

Phase 1 - L'incubation 
Avant toute chose il n'y a rien. Et encore avant le rien, il y a l'incubation. J'appelle ça ainsi, parce que ça me plait bien comme terminologie mais aussi pour ce côté viral que je ressens tout à fait. Là, on est très loin, très très loin de savoir à quoi ressemblera le prochain roman mais on commence à se demander sur quels thèmes on aimerait écrire. On reste dans le flou, dans le vague, dans les songes sans formaliser quoi que ce soit.
Les idées qui assaillent l'esprit à n'importe quel moment et qui invitent à la rêverie sont toujours bonnes à prendre. Et elles débarquent n'importent quand. En plus à ce stade là, il n'est pas question de prendre des notes ou de poser les choses, je laisse ce qui me sert de cerveau stocker tout ça dans des coins disparates de ma tête, ça ressortira plus tard. 
Pour ce projet "Manx", la phase d'incubation a commencé en février 2016 environ, alors que j'étais au milieu du gué de l'écriture de "Brûler à Black Rock" et loin d'en avoir terminé (pour être clair : j'en bavais des carrés de chapeaux et je n'avais pas l'esprit clair pour m'intéresser au bouquin d'après, alors j'ai fais confiance à la banquette arrière de mon cerveau !)
La phase d'incubation s'est interrompue avec la publication de "Brûler à Black Rock", c'est à dire en août 2016, lorsque mon esprit a eu le feu vert de ma conscience pour basculer en mode "prospection". 

Phase 2 - La prospection
Là, je commence à rassembler tous les flashes qui ont laissé un négatif dans tous les coins de ma tête, je me pose à une table et je dresse une carte heuristique de tous les thèmes que m'inspirent ces flashes. Le but est de laisser l'esprit aller à la découverte de ce que je ne sais pas encore, farfouiller par associations d'idées pour trouver des pistes d'écriture, découvrir des amorces, des atmosphères, des images. Tout ne sera pas utilisé, peut être que seulement 10% de ces idées seront reprises mais pour l'instant je prospecte, je lance une ligne dans un lac inconnu et j'attends de voir ce qui mord et ce que je ressors.
Pour "Manx", j'ai assemblé quatre feuilles A4 et j'ai utilisé quatre couleurs pour rattacher ensemble les concepts de la même famille correspondant aux thèmes majeurs qui sont apparus. J'ai pris mon temps, environ trois séances d'une heure pour finaliser la carte. Et voilà à quoi ça ressemble :
Cette carte est maintenant affichée au mur de mon bureau, juste devant la chaise en osier où je vais écrire pendant des heures dans les mois à venir. Et elle me sert pour la Phase suivante que je décrirai dans un prochain article...

... à suivre !
 

jeudi 8 septembre 2016

Richard "Cœur de Tout" encore...

Régulièrement / Couramment / Toujours (rayer la mention inutile) j'éprouve la frénétique nécessité de relire quelque chose du regretté Richard Brautigan, l'un de mes auteurs totems. Parce que Brautigan a le don d'adoucir tout et même les nuages. Alors voilà... Citation de Richard "Cœur de Tout":


Richard Brautigan (1935-1984)

Je ne sais pas ce qui se passe, mais je ne me fais pas confiance quand je commence à beaucoup aimer une fille.
Ça me rend nerveux. Je ne dis pas ce qu’il faut ou alors peut-être que je commence à examiner,évaluer, calculer ce que je suis en train de dire.

Si je dis : « Tu crois qu’il va pleuvoir ? » et qu’elle me dit : « Je ne sais pas », je me mets à gamberger : est-ce qu’elle s’intéresse vraiment à moi ? Autrement dit ça me fiche un peu la trouille.

Un de mes amis m’a dit une fois :« C’est vingt fois mieux de faire copain-copain avec quelqu’un plutôt que d’en tomber amoureux. »
Il a raison, à mon avis, et à côté de ça il pleut quelque part, ça fabrique des fleurs et ça rend les escargots heureux.
Tout ça, c’est déjà réglé.


mercredi 7 septembre 2016

L'inattendu heureux

Tous les parents d'enfants scolarisés savent que le début du mois de Septembre rime avec "Activité extra scolaire". Après les baignades et les séances de plage ou de balade en montagne estivales, il est temps de se réinscrire au sport, à la musique, à la peinture... et pas à l'écriture parce que ça ne s'apprend pas. En tous cas en France. 

Le week-end dernier j'ai donc accompagné mes enfants au traditionnel forum des associations, haut lieu de l'activité qui agite villes et campagnes en cette époque de l'année. J'y allais donc en mode touriste, inscrivant l'une au tennis, l'autre au break dance (pour un père qui écoute du métal, ça fait mal :)) et là, je suis tombé sur un stand de vente de livres d'occasion... dont les ventes seront reversées au profit du Téléthon. Prix unique : 50 centimes le bouquin, pas de quoi hésiter, avec 2 romans écrits en 2004 : 
* Waiting Period : il s'agit du dernier roman d'Hubert Selby écrit juste avant sa mort. L'occasion de relire du Selby, le mythique auteur de "Last exit to Brooklyn" et de "Le démon". Auteur sulfureux à souhait, comme diraient les branleurs des journaux de bobos. A noter : cette édition Flammarion bénéficie d'une traduction de Claro, ce qui ne gâche rien. 
* L'évangile de Jimmy : Dans un tout autre esprit, l'un des nombreux romans de Didier Van Cauwelaert (27 bouquins entre 1982 et 2016 l'air de rien) dont je ne suis ni un détracteur ni un fan. Mais le pitch m'a intrigué : « Je m’appelle Jimmy, j’ai 32 ans et je répare les piscines dans le Connecticut. Trois envoyés de la Maison-Blanche viennent de m’annoncer que je suis le clone du Christ »

mardi 6 septembre 2016

Nouvel ebook / kindle

Et pendant que la publication KOBO est "in process" depuis bientôt une semaine malgré mes relances au support technique, une version électronique de "Journal d'un orphelin programmé" (publié en papier en 2015) est désormais disponible en KINDLE sur Amazon(et aussi sur LULU pour les originaux, en format EPUB pour smartphones et tablettes)... au prix de 0,99 euro. Parce que 1 euro c'est trop cher :) 

Lien vers la commande chez AMAZON

Et toujours disponible en version papier pour les nostalgiques :)