Je réalise que cette citation toute simple de John Fante pourrait servir de fil conducteur à la plupart des récits longs que j'ai pu écrire depuis une vingtaine d'années. Et spécialement pour "Brûler à Black Rock" autopublié en août ainsi que pour "MANX" en cours d'écriture... Comme quoi on raconte toujours la même chose au fond.
lectures, écritures, avis, combats perdus d'avance et instantanés périmés, morts-nés et autres occlusions de conscience en attendant la suite.
jeudi 17 novembre 2016
La citation du... 17 novembre
L'humeur du... 17 Novembre
Inauguration d'un nouveau type d'article : le billet d'humeur. J'ignore où ça va aller mais c'est ça qui est bon !
Je suis aujourd'hui fatigué de la paresse intellectuelle et physique dans laquelle notre société se vautre. Musique d'ascenseur, télévision poubelle, lecture de gare, journalistes étroits, pensée unique... les signaux d'un appauvrissement continu et entretenu par nos dirigeants se multiplient. Loin de moi l'idée de dire "c'était mieux avant" mais tout de même, c'est de pire en pire. Quand je vois notamment le tissu de propagande et de bourrage de crane que l'éducation nationale s'emploie à inculquer à nos gosses, ça me rend dingue. Faut-il vraiment que cette pourtant vénérable institution soit manipulée par des pervers complètement dingues. Mais que pouvons nous y faire ? Entre ça et des établissements privés détenus par des illuminés sectaires qui ferment les yeux sur des sodomies enfantines... Merde !
Je suis aujourd'hui fatigué de la paresse intellectuelle et physique dans laquelle notre société se vautre. Musique d'ascenseur, télévision poubelle, lecture de gare, journalistes étroits, pensée unique... les signaux d'un appauvrissement continu et entretenu par nos dirigeants se multiplient. Loin de moi l'idée de dire "c'était mieux avant" mais tout de même, c'est de pire en pire. Quand je vois notamment le tissu de propagande et de bourrage de crane que l'éducation nationale s'emploie à inculquer à nos gosses, ça me rend dingue. Faut-il vraiment que cette pourtant vénérable institution soit manipulée par des pervers complètement dingues. Mais que pouvons nous y faire ? Entre ça et des établissements privés détenus par des illuminés sectaires qui ferment les yeux sur des sodomies enfantines... Merde !
Mais je m'égare. On pourrait en parler des heures mais il y a des endroits privilégiés pour ça, qu'on appelle "troquet" ou "estaminet" ou plus simplement "bar". Et n'en déplaise aux élites défroquées qui nous servent de gardiens du temple, c'est chouette les bars. Convivial et social. On peut refaire le monde sans sortir de chez soi et sans risque ou presque. Et en plus on voit des gens en chair et en os. C'est quand même mieux qu'internet! Surtout qu'on peut boire des canons entre gens de mauvaise compagnie, en emmerdant copieusement la loi Evin et ce discours insupportable, politiquement correct, cette mention perpétuelle à la con du "à consommer avec modération". Ah ouais ? Ben si j'ai envie de me beurrer la gueule en faisant travailler le petit commerce, c'est mon droit le plus strict. Je n'ai pas l'alcool agressif en plus, peut être un peu collant mais au fond c'est quand même mieux que de se faire harceler par des spams ou des demandes d'amis facebook qu'on ne connait ni des lèvres ni des dents... Et que les chiens de garde de la pensée dominante ne viennent pas me chier dans les bottes, arguant que si je chope une cirrhose, les soins seront remboursés par la sécurité sociale aux frais des deniers publics. Ah ouais ? Parce que vous croyez peut être que nos dirigeants ne détournent pas des milliards depuis des décennies en arrosant un copain, une maîtresse, en achetant le silence d'un tyran, en couvrant les agissements obscurs d'une république bananière ? Et ce n'est pas avec les deniers publics peut-être ? Ah là par contre, on les entend plus les chiens de garde. Je vous vomis vous les sacs à merde qui vous haussez du col simplement parce que des dégénérés vous ont déroulé un tapis rouge sur des trottoirs où, décidément, les péripatéticiennes n'en finissent plus d'avoir de la concurrence.
C'est marrant. Au début je voulais causer de l'insupportable prédominance médiatique des bouquins basés sur du réel et des bouquins d'auto fiction. Y'a de quoi dire, et aussi de quoi couiner. Mais j'en ai peut être assez dit pour aujourd'hui, j'en parlerai la prochaine fois parce que, crénom quand même, il faut sauver la fiction bordel !
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Pensée unique
mardi 15 novembre 2016
Lecture : D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds
J'aurais aimé aimer ce livre. "D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds" de Jon Kalman Stefansson... Malgré son titre trop long qui surfe sur la vague des titres trop longs qui font un tabac depuis quelques temps. Malgré le bandeau "Meilleur livre étranger de l'année par la rédaction de LIRE" qui l'entoure sur certains étals de librairie à la façon d'un calisson indigeste. En règle générale les bandeaux rouges autour des bouquins signalent justement les ouvrages qu'il faut s'empresser de ... fuir.
Mais il y a l'Islande et Keflavik. Mon premier souvenir qui restera longtemps gravé dans mon esprit depuis ce voyage en Islande à l'été 2015. Lorsque par une nuit qui n'en était pas une, au volant d'une Polo de location j'ai quitté l'aéroport de Keflavik, direction Reyjavik sous cette clarté étrange de la nuit qui ne tombe jamais, vers 1h du matin, avec de part et d'autre d'une route déserte les éclats étonnants d'un champ de pierres volcaniques recouvertes de mousse claire. Alors, après moins d'une heure sur le sol islandais, je comprenais que ce voyage ferait partie de ceux qui me marqueraient pour de bon.
Je me rends compte que j'ai déjà beaucoup parlé pour ne rien dire et ne pas parler de ce bouquin emprunté à la bibliothèque.
Le premier chapitre commence par Keflavik et le premier paragraphe sans être renversant m'a renvoyé directement dans cette nuit qui n'en était pas une, lors de ce mois de juillet 2015 à la descente de l'avion. Benoîtement je pensais retrouver dans ce bouquin des images ou tout au moins des évocations de ce joli voyage, histoire de le prolonger après une brève interruption de plus de 400 nuits qui en étaient de vraies, pour le coup. Mais non. Ce bouquin m'est tombé des pieds, euh, des mains, après à peine cent pages de non sens absolu. Mais du non sens qui n'a rien de poétique, ni d'entrainant. Chiant comme un jour sans pain, comme on dit. Ou un jour sans poisson. Avec des passages pénibles à lire où l'auteur croit indispensable de nous faire part de digressions assommantes et lourdingues... Quelle plaie! Avec une histoire qui ne démarre jamais et qui lorsqu'on pense en tenir un bout nous échappe en s'embourbant dans des chemins tortueux, alambiqués au possible. Ouille! Voilà un bouquin que je ne finirai pas, Daniel Pennac m'en a donné l'autorisation dans ses 10 commandements... Salut Daniel et encore merci pour le poisson, comme dirait Douglas :)
Le premier chapitre commence par Keflavik et le premier paragraphe sans être renversant m'a renvoyé directement dans cette nuit qui n'en était pas une, lors de ce mois de juillet 2015 à la descente de l'avion. Benoîtement je pensais retrouver dans ce bouquin des images ou tout au moins des évocations de ce joli voyage, histoire de le prolonger après une brève interruption de plus de 400 nuits qui en étaient de vraies, pour le coup. Mais non. Ce bouquin m'est tombé des pieds, euh, des mains, après à peine cent pages de non sens absolu. Mais du non sens qui n'a rien de poétique, ni d'entrainant. Chiant comme un jour sans pain, comme on dit. Ou un jour sans poisson. Avec des passages pénibles à lire où l'auteur croit indispensable de nous faire part de digressions assommantes et lourdingues... Quelle plaie! Avec une histoire qui ne démarre jamais et qui lorsqu'on pense en tenir un bout nous échappe en s'embourbant dans des chemins tortueux, alambiqués au possible. Ouille! Voilà un bouquin que je ne finirai pas, Daniel Pennac m'en a donné l'autorisation dans ses 10 commandements... Salut Daniel et encore merci pour le poisson, comme dirait Douglas :)
lundi 14 novembre 2016
Pile de lecture
De retour d'un week-end prolongé à Toulouse (ô Toulouse) durant lequel j'ai peu écrit, pas mal lu, beaucoup marché et beaucoup mangé, il faut se remettre au travail.
De passage à la fameuse librairie Ombres Blanches j'ai pu déambuler un long moment parmi les rayons du département "Littérature" en étant impressionné par le nombre de volumes disponibles, même si un peu déçu par celui qui m'intéresse le plus à savoir la littérature américaine. Qu'importe, j'ai trouvé mon bonheur, le complétant même en visitant une librairie d'occasion. Ma pile de lecture est à présent bien garnie...
mardi 8 novembre 2016
Lecture : Stephen King - Desolation
Stephen King, comme la majorité des écrivains de ce calibre, cristallise toutes les passions et leurs contraires chez leurs fans et leurs détracteurs. Dans un concert de louanges dont la vitalité n'a d'égal que la furie des opposants, difficile de se faire son idée... sauf à le lire. Et cela tombe bien puisque c'est bien ce qu'on attend d'un livre à priori.
Adolescent, je n'ai pas lu King. En dehors de Lovecraft, la littérature d'horreur et assimilée ne m'a jamais vraiment attiré. J'ai attendu d'avoir 41 ans pour lire mon premier bouquin du mythique auteur du Maine et c'était l'hiver dernier avec "Mr Mercedes", un de ses rares polars ! Un peu moins d'un an plus tard, j'ai profité d'une visite impromptue chez un bouquiniste régional pour tenter le coup d'une deuxième lecture avec "Désolation".
Le début de l'histoire est cinématographique au possible : une route nationale perdue dans un coin du désert américain. Des gens comme vous et moi qui roulent avec leurs soucis et leurs promesses de petits bonheurs... jusqu'à ce que surgisse l'élément perturbateur, ce qu'on appelle l'écueil qui fait basculer l'histoire : un panneau avec un chien crevé dessus. Et puis rapidement une voiture de flic qui les prend en chasse avec au volant un grand méchant flic.
La suite c'est une série de personnages qui se retrouvent tous captés dans les rets du filet de cette créature changeante et surnaturelle qui se cache sous les traits de ce flic. Avec ce qu'il faut de gore, d'araignées venimeuses, de serpents à sonnettes, de rats affamés, et de passages sanguinolents. Stephen King en fait des tonnes. La première moitié du bouquin se lit bien. Il faut avouer que l'auteur possède un véritable sens de la narration et sait y faire pour capter l'attention de son lecteur. Il suffit d'un seul paragraphe et nous voilà happés par l'intrigue avec une force terrible. Difficile, voire impossible de relâcher le bouquin une fois démarré.
Le problème c'est après : 823 pages en format de poche ! Soyons sérieux deux minutes, ce n'est pas raisonnable Stephen, tu ne peux pas pondre des bouquins de plus de 800 pages pour raconter l'histoire d'une créature démoniaque déguisée en flic aux prises avec des américains moyens emmenés par un gamin croyant qui fait sa prière! Oui alors il ne faut pas être réfractaire aux bondieuseries non plus pour aller au bout de ce roman, car passés les 350 premières pages, on bascule vraiment dans un trip mystique qui, combiné aux longueurs terribles du récit, m'a fait carrément sortir du livre après avoir passé le cap des 500 pages. C'était trop. Trop de redites, trop de passages inutiles, trop de scènes similaires, trop de tout ! King a écrit ce bouquin en 1996, il y a pile 20 ans. Il semblerait qu'au début de sa carrière, certains bouquins étaient plus courts et plus efficaces. Peut-être retenterai-je ma chance en piochant dans l'un de ceux-là. Mais pas tout de suite, un bouquin d'horreur par an, c'est déjà beaucoup pour moi.
lundi 7 novembre 2016
MANX : Journal de bord - Semaines 8 et 9
Cet article fait partie de la série "MANX: Journal de bord" qui se propose de suivre de façon hebdomadaire l'écriture de mon nouveau roman depuis les premières prises de notes jusqu'à l'impression du livre dans... plusieurs mois :) Article précédent : Journal de bord (7)
Phase 4 - Le premier jet (semaines 4 et 5)
Voilà deux semaines que je n'avais pas pris le temps de me retourner sur l'écriture du premier jet de ce nouveau roman. Il faut dire qu'un rythme plutôt soutenu du côté du travail alimentaire a mobilisé mon temps et mon énergie. Difficile durant cette quinzaine d'avancer de façon sereine sur le manuscrit même si j'ai réussi à produire du contenu tous les jours.
J'ai été notamment incapable d'assurer ce rythme initial de 25 feuillets hebdomadaires (équivalent de 50 pages format poche), arrivant péniblement à écrire 34 feuillets sur ces 2 semaines. On pourrait penser qu'il s'agit de calculs d'épicier alors que l'on cause d'écriture de fiction et que ce sont deux aspects bien différents... Certes. Mais encore une fois l'objectif du premier jet est de débiter. Or le débit a pas mal ralenti ces derniers temps et il va falloir donner un coup de collier pour reprendre un rythme plus soutenu. Mon objectif était de finir ce premier jet rapidement, c'est à dire mi-décembre. Néanmoins j'ai coupé quelques chapitres inutiles prévus sur le plan initial qui devront me permettre de terminer début décembre. En effet, 21 des 26 chapitres prévus ont été écrits durant ces 5 semaines. Il me reste donc 5 chapitres ce qui devrait me prendre une dizaine de jours ou plutôt quinze en comptant un weekend en famille pour le 11 novembre où je ne pourrais pas écrire beaucoup. Ce n'est toutefois pas grave, il semble maintenant plus ou moins acquis que je pourrais boucler ce premier jet en huit semaines.
Si l'on parle d'éléments plus précis maintenant, l'histoire prend forme et le gros de ce que je voulais raconter est là. Bon, il y a des incohérences, forcément, mais on s'y intéressera plus tard, après la deuxième version dont l'écriture débutera pour la nouvelle année. Je continue à noter dans la marge du manuscrit quelques remarques en cours d'écriture aux endroits que j'identifie déjà comme devant être retravaillés ou modifiés. Et sur mon carnet à part lorsque ce sont des idées générales qu'il faudra - ou non - incorporer à la deuxième version. J'ai notamment identifié un véritable problème sur l'un des deux personnages principaux de ce récit. Et il va falloir trouver des solutions pour le rendre plus attachant. Bref, le travail du tamis se poursuit, on continue encore à balancer de grandes pelletées de sable sans se préoccuper du reste, et on verra ensuite. Cette écriture décomplexée et imparfaite présente l'avantage de noircir du papier (littéralement) et écrire à la main reste un moment vraiment jouissif que les interfaces les plus agréables des ordinateurs les plus évolués n'ont toujours pas supplanté.
J'ai été notamment incapable d'assurer ce rythme initial de 25 feuillets hebdomadaires (équivalent de 50 pages format poche), arrivant péniblement à écrire 34 feuillets sur ces 2 semaines. On pourrait penser qu'il s'agit de calculs d'épicier alors que l'on cause d'écriture de fiction et que ce sont deux aspects bien différents... Certes. Mais encore une fois l'objectif du premier jet est de débiter. Or le débit a pas mal ralenti ces derniers temps et il va falloir donner un coup de collier pour reprendre un rythme plus soutenu. Mon objectif était de finir ce premier jet rapidement, c'est à dire mi-décembre. Néanmoins j'ai coupé quelques chapitres inutiles prévus sur le plan initial qui devront me permettre de terminer début décembre. En effet, 21 des 26 chapitres prévus ont été écrits durant ces 5 semaines. Il me reste donc 5 chapitres ce qui devrait me prendre une dizaine de jours ou plutôt quinze en comptant un weekend en famille pour le 11 novembre où je ne pourrais pas écrire beaucoup. Ce n'est toutefois pas grave, il semble maintenant plus ou moins acquis que je pourrais boucler ce premier jet en huit semaines.
Si l'on parle d'éléments plus précis maintenant, l'histoire prend forme et le gros de ce que je voulais raconter est là. Bon, il y a des incohérences, forcément, mais on s'y intéressera plus tard, après la deuxième version dont l'écriture débutera pour la nouvelle année. Je continue à noter dans la marge du manuscrit quelques remarques en cours d'écriture aux endroits que j'identifie déjà comme devant être retravaillés ou modifiés. Et sur mon carnet à part lorsque ce sont des idées générales qu'il faudra - ou non - incorporer à la deuxième version. J'ai notamment identifié un véritable problème sur l'un des deux personnages principaux de ce récit. Et il va falloir trouver des solutions pour le rendre plus attachant. Bref, le travail du tamis se poursuit, on continue encore à balancer de grandes pelletées de sable sans se préoccuper du reste, et on verra ensuite. Cette écriture décomplexée et imparfaite présente l'avantage de noircir du papier (littéralement) et écrire à la main reste un moment vraiment jouissif que les interfaces les plus agréables des ordinateurs les plus évolués n'ont toujours pas supplanté.
Libellés :
Journal de bord MANX,
Technique d'écriture
samedi 5 novembre 2016
Gallmeister fête ses 10 ans
La maison d'édition fondée par Oliver Gallmeister a dix ans en 2016. Pour tous ceux qui s'intéressent à la littérature américaine des grands espaces, il s'agit d'une mine d'or. En cette saison des prix littéraires, on est chez Gallmeister bien loin du nombrilisme étriqué et des préoccupations étroites de la littérature française.
Pour fêter les dix ans de Gallmeister, j'ai décidé de commencer à rattraper mon retard abyssal en me procurant un petit échantillon de titres. Car c'est vrai, depuis des années, je lis surtout de la littérature américaine et pourtant je n'ai que deux bouquins de cet éditeur dans ma bibliothèque. Y'aurait-il quelque chose de pourri au royaume de mon petit chez moi ? Ayant lu en juillet dernier le puissant "Sukkwand Island" qui est certainement le bouquin le plus connu du catalogue, j'ai notamment choisi deux nouveaux titres de David Vann.
Pour le reste j'ai décidé de me laisser aller au hasard... et à la lecture de la première phrase de chaque bouquin. Une phrase, c'est rien mais ça compte. Si vous ne connaissez pas les éditions Gallmeister, n'attendez pas plus longtemps et lancez-vous, le catalogue déborde de pépites à découvrir.
Pour le reste j'ai décidé de me laisser aller au hasard... et à la lecture de la première phrase de chaque bouquin. Une phrase, c'est rien mais ça compte. Si vous ne connaissez pas les éditions Gallmeister, n'attendez pas plus longtemps et lancez-vous, le catalogue déborde de pépites à découvrir.
Pour vous le prouver, petit panorama de ma pile de lecture agrémentée des quatrièmes de couvertures repris sur le site de l'éditeur :
Tobias Wolff : "Un voleur parmi nous"
Camp militaire de Fort Bragg, en Caroline du Nord, 1967. Trois jeunes
paras s’apprêtent à finir leur formation avant de partir pour le
Viêtnam. Trois hommes armés de fusil qui, le jour de la fête nationale,
sont chargés de monter la garde autour d’un dépôt de munitions. Lorsque
des civils s’approchent, les voici mis en joue. Ils n’étaient
pourtant venus que pour alerter les soldats qu’un incendie était en
train de s’étendre. Le dépôt de munitions ne tardera pas à être menacé.
En réponse, pourtant, s’exerce un acte absurde, le premier d’une série
qui ébranlera à tout jamais le destin de ces hommes.
Glendon Swarthout : "Le tireur"
Glendon Swarthout : "Le tireur"
Au tournant du XXe siècle,
John Bernard Books est l'un des derniers survivants de la conquête de
l'Ouest. Après des années passées à affronter les plus grandes gâchettes
du Far West, il apprend qu'il est atteint d'un cancer incurable : il ne
lui reste que quelques semaines à vivre. Les vautours se rassemblent
pour assister au spectacle de sa mort, parmi lesquels un joueur, un
voleur de bétail, un pasteur, un croque-mort, une de ses anciennes
maîtresses, et même un jeune admirateur. Mais Books refuse de
disparaître sans un dernier coup d'éclat et décide d'écrire lui-même
l'ultime chapitre de sa propre légende.
Larry McMurtry : "La dernière séance"
En 1951, la petite ville texane de Thalia, aux confins du désert, hésite entre un puritanisme de bon ton et la quête d'un plaisir encore tabou. Du cinéma à la salle de billard, les jeunes gens du coin jouent aux amoureux éperdus et feraient tout pour être le sujet des derniers ragots. Livrés à eux-mêmes, Duane et Sonny gagnent après le lycée de quoi animer leurs samedis soir grâce à de petits jobs sur la plate-forme pétrolière. Ils s'ennuient sec et rêvent de filles belles comme le jour qu'ils enlèveraient à leurs riches parents pour les épouser dans une épopée romanesque. Reste pour cette petite bande à découvrir que la vie n'a finalement rien d'un scénario hollywoodien.
David Vann : "Impurs"
Été 1985. En plein cœur de la Vallée Centrale de Californie, Galen, vingt et un ans ans, vit seul avec sa mère. Étouffé par son amour exclusif, le jeune homme se réfugie dans la méditation. Leur existence est rythmée par les visites inopportunes de sa tante et de sa cousine trop sexy, et par celles qu’ils rendent à sa riche grand-mère dont la mémoire défaille. Mais l’accumulation de rancœurs entre les deux sœurs et l’obsession de Galen pour sa cousine ne tarderont pas à les mener au bord de l’explosion.
Larry McMurtry : "La dernière séance"
En 1951, la petite ville texane de Thalia, aux confins du désert, hésite entre un puritanisme de bon ton et la quête d'un plaisir encore tabou. Du cinéma à la salle de billard, les jeunes gens du coin jouent aux amoureux éperdus et feraient tout pour être le sujet des derniers ragots. Livrés à eux-mêmes, Duane et Sonny gagnent après le lycée de quoi animer leurs samedis soir grâce à de petits jobs sur la plate-forme pétrolière. Ils s'ennuient sec et rêvent de filles belles comme le jour qu'ils enlèveraient à leurs riches parents pour les épouser dans une épopée romanesque. Reste pour cette petite bande à découvrir que la vie n'a finalement rien d'un scénario hollywoodien.
David Vann : "Impurs"
Été 1985. En plein cœur de la Vallée Centrale de Californie, Galen, vingt et un ans ans, vit seul avec sa mère. Étouffé par son amour exclusif, le jeune homme se réfugie dans la méditation. Leur existence est rythmée par les visites inopportunes de sa tante et de sa cousine trop sexy, et par celles qu’ils rendent à sa riche grand-mère dont la mémoire défaille. Mais l’accumulation de rancœurs entre les deux sœurs et l’obsession de Galen pour sa cousine ne tarderont pas à les mener au bord de l’explosion.
David Vann : "Dernier jour sur terre"
14 février 2008. Steve Kazmierczak, 27 ans, se rend armé à son université. Entre 15 h 04 et 15 h 07, il tue cinq personnes et en blesse dix-huit avant de se donner la mort. À 13 ans, David Vann reçoit en héritage les armes de son père, qui vient de mettre fin à ses jours. Quel itinéraire a suivi le premier avant de se faire l’auteur de ce massacre ? Quel parcours le second devra-t-il emprunter pour se libérer de cet héritage ? L’écrivain retrace ici l’histoire de Kazmierczak, paria solitaire, comme tant d’autres. Comme lui, par exemple, qui, enfant, se consolait en imaginant supprimer ses voisins au Magnum.
vendredi 4 novembre 2016
Lecture : Sylvain Tesson - Sur les chemins noirs
Je connais mal Sylvain Tesson. Nous sommes pourtant de la même génération, à peine deux ans d'écart mais il fait partie de ces hommes que je me plais à jalouser secrètement. Frondeur bien né au cerveau bien fait, il correspond à ce genre d'aventuriers diplômés que la paresse et mes limites intellectuelles m'ont empêché de devenir. On ne se refait pas.
Tesson aime la géographie et il aime courir le monde autant qu'explorer sa propre vie, certainement conscient de la brièveté de celle-ci depuis qu'en août 2014 il a chuté d'un toit et frôlé la mort. Une remise à zéro des compteurs en quelque sort pour un miracle dont il est sorti le corps meurtri, le visage tordu mais sûrement l'esprit changé à jamais.
Après avoir pédalé autour du monde il y a plus de vingt ans, gambadé dans une Russie dont on l'imagine bien embrasser le caractère slave, roulé en side-car sur les routes de la retraite de Russie, chevauché en Mongolie, Sylvain Tesson a voulu retrouver la patience du marcheur. Il dit que pendant qu'il était sur son lit d'hôpital, le corps en miettes, il s'était juré de traverser la France en marchant s'il s'en sortait.
La suite c'est ce livre, "Sur les chemins noirs", le récit de cette longue marche. Une diagonale du massif du Mercantour jusqu'au Contentin par ces chemins que les cartes au 1/25000 ème soulignent, ces chemins noirs comme il les appelle. Deux mois et demi de marche à la fin de l'été 2015 à travers les zones rurales de notre pays, en se tenant loin des ZAC, des ZUP et de toutes ces zones de rien aux tristes acronymes. A travers la Provence, les Cévennes, l'Aubrac, la Loire, et la Touraine, Tesson convoque les étapes successives de l'histoire récente de la France qui en ont bouleversé le visage. C'est également l'occasion pour lui de reprendre possession de son corps après son accident et l'année passée en rééducation.
Récemment sur le plateau de la grande librairie, Tesson évoquait sa nécessité de se confronter aux choses et de les vivre pour les raconter, se disant incapable d'imaginer. En revanche, le lecteur de ce bouquin imagine tout à fait un homme (Tesson ou soi même) en train de marcher dans cette France rurale que les discours modernes se plaisent à railler ou à oublier, au bénéfice de ce qu'ils appellent le progrès. Progrès de quoi ?
J'ai aimé ce bouquin, court et rempli d'oxygène, sans grand discours moralisateur mais qui invite à la réflexion et à affûter le regard sur notre quotidien. Tesson y creuse son sillon, original et séduisant, et plusieurs fois j'ai pensé que j'aurais aimé partager un bivouac avec lui dans ces forêts de France pour parler de tout et de rien et surtout profiter de l'instant présent. Le temps qu'on oublie et qu'on saccage sans cesse.
Le seul petit écueil toutefois, constitue son usage du passé. Il donne à ce récit une ambiance particulière qui fige le texte dans une nostalgie un peu inutile. Un présent aurait peut être donné plus de force encore à ces pérégrinations.
Extrait : "La carte est le laissez-passez de nos rêves. Ces tracés en étoile et ces lignes étaient des sentiers ruraux, des pistes pastorales fixées par le cadastre, des accès pour les services forestiers, des appuis de lisières, des vies antiques, souvent laissées à la circulation des bêtes. La carte entière se veinaient de ces artères. C'étaient mes chemins noirs. Ils ouvraient sur l'échappée, ils étaient oubliés, le silence y régnait, on n'y croisait personne et parfois la broussaille se refermait aussitôt après le passage.. Certains hommes espéraient entrer dans l'histoire. Nous étions quelques-uns à préférer disparaître".
J'ai aimé ce bouquin, court et rempli d'oxygène, sans grand discours moralisateur mais qui invite à la réflexion et à affûter le regard sur notre quotidien. Tesson y creuse son sillon, original et séduisant, et plusieurs fois j'ai pensé que j'aurais aimé partager un bivouac avec lui dans ces forêts de France pour parler de tout et de rien et surtout profiter de l'instant présent. Le temps qu'on oublie et qu'on saccage sans cesse.
Le seul petit écueil toutefois, constitue son usage du passé. Il donne à ce récit une ambiance particulière qui fige le texte dans une nostalgie un peu inutile. Un présent aurait peut être donné plus de force encore à ces pérégrinations.
Extrait : "La carte est le laissez-passez de nos rêves. Ces tracés en étoile et ces lignes étaient des sentiers ruraux, des pistes pastorales fixées par le cadastre, des accès pour les services forestiers, des appuis de lisières, des vies antiques, souvent laissées à la circulation des bêtes. La carte entière se veinaient de ces artères. C'étaient mes chemins noirs. Ils ouvraient sur l'échappée, ils étaient oubliés, le silence y régnait, on n'y croisait personne et parfois la broussaille se refermait aussitôt après le passage.. Certains hommes espéraient entrer dans l'histoire. Nous étions quelques-uns à préférer disparaître".
Libellés :
Chronique,
Lecture,
Sylvain Tesson
jeudi 3 novembre 2016
Lecture : Jim Harrison - Nord Michigan
Cette histoire-là est ultra classique. Plus classique que ça, tu meurs. Professeur dans une campagne reculée du Michigan, le personnage principal a quarante-deux ans. Il est en couple avec la femme qu'il aime depuis qu'il est adolescent mais sans parvenir à franchir le cap du mariage, ce qu'elle attend pourtant. Survient la tentation avec une de ses élèves de dix-sept ans à l'appétit sexuel vorace qui sème le trouble dans son esprit, son corps et son quotidien. Et puis il y a sa vieille mère qui va bientôt mourir et avec cette disparition annoncée le deuil de ses rêves d'enfant et tout ce qu'il n'a pas pu réaliser.
Sur cette trame cent fois abordée, Jim Harrison a écrit en 1976 un roman de jeunesse tout à fait recommandable. D'un point de vue chronologique, il s'agit de son troisième roman publié sous le titre "Farmer" en VO, "Nord-Michigan" en VF.
On y retrouve déjà tous les ingrédients de la recette de Big Jim : l'amour de la nature, de la pêche, des grands espaces et des femmes. Harrison y ajoute le sujet toujours casse gueule de l'amour interdit et du tabou d'une relation professeur élève dans l'Amérique des années soixante.
On y retrouve déjà tous les ingrédients de la recette de Big Jim : l'amour de la nature, de la pêche, des grands espaces et des femmes. Harrison y ajoute le sujet toujours casse gueule de l'amour interdit et du tabou d'une relation professeur élève dans l'Amérique des années soixante.
Comme toujours avec Jim Harrison, quand on est embarqué et qu'on accroche, difficile de se défaire de l'univers et des personnages que nous conte Big Jim. Cette façon qu'il a de décrire des choses tellement simples et universelles avec une économie de moyens... du grand art et de la graine à cultiver pour tous les écrivaillons que nous sommes. Brillant, tout simplement.
Extrait : "Et aussi, je veux te baiser en pleine lumière." Sa voix était tendue et son regard vacillait. Il n'avait jamais employé ce mot en sa présence. "J'en ai marre de te baiser le vendredi et le dimanche soir, dans l'obscurité et quelques fois le mercredi aussi. Je veux te baiser toutes les lumières allumées ou en plein jour et faire avec toi toutes les choses dont j'ai envie depuis toujours."
"C'est sans doute ce qui arrive quand un Suédois borné dans ton genre lit trop de roman, ou boit trop d’alcool depuis trop longtemps." Elle essayait d'alléger l'atmosphère, mais il la saisit par le bras.
"Regarde-moi. Nous avons 43 ans et n'avons jamais baisé en plein jour. Sans parler de l'océan, qu'on a jamais vu. Nous avons été à Washington une fois, mais jamais à New York. Nous n'avons jamais baisé dehors, sauf la fois où nous avons bien failli le faire, il y a trente ans. Je pense qu'on devrait changer de vie avant qu'on soit trop vieux et qu'on meure, avant qu'il ne soit trop tard. Tu n'as pas envie que ça change toi ?
mercredi 2 novembre 2016
Tesson à Toussaint et Michigan en Languedoc
Une poignée de jours dans mon Languedoc natal arrachés à l'absurdité du quotidien et me voilà de retour.
Pour cette Toussaint, j'ai peu écrit mais beaucoup lu. On ne peut pas tout avoir.
Au menu : le dernier bouquin de Sylvain Tesson, "Sur les chemins noirs" et le déjà ancien "Nord-Michigan" de Jim Harrison. Nom de dieu, il est bon ce Big Jim, y'a pas à dire ! Quelques petites chroniques de lecture à venir bientôt...
Et j'ai même profité d'un Toussaint en famille dans la belle cité de Minerve pour visiter le bouquiniste des lieux et m'offrir un inattendu Stephen King dont je suis un quasi béotien, n'ayant lu qu'un seul bouquin du ponte du roman d'horreur. 200 pages déjà absorbées à vitesse grand V, soit le quart de ce bouquin fleuve de 823 pages (faut il être dingue pour pondre des pavés pareils!). Bon, c'est bourré de longueurs et le style rappelle plus la boucherie d'une kalachnikov à Sarajevo qu'un pas de danse classique du Lac des Cygnes... Mais faut avouer que dans le genre c'est plutôt efficace. Bon, c'est pas tout mais faut que j'aille écrire, le premier jet de "Manx" m'attend.
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